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SEL : clarification fiscale pour les créateurs d'entreprise

Sandrine Chiorozas · · 6 min de lecture
Clarification fiscale SEL pour les créateurs d'entreprise - Jurixa.fr

L’administration fiscale vient de lever une incertitude majeure concernant la fiscalité des sociétés d’exercice libéral (SEL), suite aux démarches menées par les experts-comptables. Cette clarification, rapportée par les Affiches Parisiennes, précise que les sociétés de droit commun échappent à la nouvelle réglementation applicable aux SEL.

Ce qui change concrètement

L’administration fiscale a confirmé que la nouvelle réglementation sur les sociétés d’exercice libéral ne s’applique pas aux sociétés de droit commun. Cette précision met fin aux interrogations qui pesaient sur de nombreux créateurs d’entreprise depuis l’introduction de ces nouvelles dispositions.

Concrètement, si vous créez une SARL, une SAS ou une SA classique, vous n’êtes pas concerné par les règles fiscales spécifiques aux SEL, même si votre activité présente certains aspects libéraux. La distinction reste claire entre les deux régimes juridiques et fiscaux.

Base juridique

Les sociétés d'exercice libéral sont régies par la loi du 31 décembre 1990, tandis que les sociétés de droit commun relèvent du Code de commerce. Cette distinction fondamentale justifie l'application de régimes fiscaux différenciés.

Cette clarification administrative permet aux professionnels du chiffre et aux créateurs d’entreprise de sécuriser leurs choix de structure juridique sans craindre une extension imprévisible des règles SEL.

Qui est concerné

Cette précision concerne principalement deux catégories d’entrepreneurs :

Les professionnels libéraux qui exercent leur activité en société de droit commun plutôt qu’en SEL. Nombreux sont ceux qui optent pour une SARL ou une SAS classique, notamment pour bénéficier d’une plus grande souplesse dans la répartition du capital ou l’organisation des pouvoirs.

Les créateurs d’entreprise mixtes qui développent des activités combinant prestations intellectuelles et commerciales. Ces entrepreneurs hésitent souvent entre différentes formes juridiques et cette clarification sécurise leur choix.

Conseil pratique

Si vous exercez une profession libérale réglementée (avocat, expert-comptable, architecte...), vérifiez auprès de votre ordre professionnel si l'exercice en société de droit commun est autorisé. Certaines professions imposent le recours aux SEL.

Les experts-comptables, à l’origine de cette demande de clarification, peuvent désormais conseiller leurs clients en toute sécurité juridique sur le choix de la forme sociale la plus adaptée à leur projet.

Ce que ça implique pour votre projet

Cette clarification administrative a des conséquences pratiques importantes pour le choix de votre structure juridique.

Pour la fiscalité, vous pouvez opter pour une société de droit commun sans risquer de vous voir appliquer ultérieurement les règles fiscales des SEL. Cela sécurise notamment le régime d’imposition des bénéfices et la déductibilité de certaines charges.

Pour la gouvernance, les sociétés de droit commun offrent généralement plus de flexibilité dans l’organisation des pouvoirs et la répartition du capital. Vous pouvez notamment prévoir des droits de vote différents des parts de capital, ce qui est plus complexe en SEL.

Pour l’évolution de votre entreprise, cette distinction facilite d’éventuelles opérations de croissance externe ou l’entrée d’investisseurs qui ne pourraient pas détenir de parts dans certaines SEL en raison des restrictions légales.

Point d'attention

Cette clarification ne dispense pas de vérifier la compatibilité de votre activité avec la forme juridique choisie. Certaines activités restent soumises à des obligations spécifiques d'exercice en SEL.

Mon analyse

Cette intervention de l’administration fiscale révèle une préoccupation légitime des praticiens face à la complexification du droit des sociétés. En tant que juriste accompagnant quotidiennement des créateurs d’entreprise, j’observe régulièrement ces zones d’incertitude qui peuvent paralyser les projets entrepreneuriaux.

La démarche des experts-comptables illustre parfaitement l’importance du dialogue entre les professionnels du droit et l’administration. Cette clarification était nécessaire pour sécuriser les conseils prodigués aux entrepreneurs et éviter des requalifications fiscales ultérieures.

J’y vois également un signal positif de la part de l’administration fiscale, qui démontre sa volonté de clarifier les règles plutôt que de laisser persister des ambiguïtés préjudiciables aux entreprises. Cette approche pragmatique mérite d’être saluée.

Pour les créateurs d’entreprise, cette précision simplifie la prise de décision. Elle confirme que le choix de la forme juridique peut s’effectuer sur la base des critères traditionnels - gouvernance, fiscalité, responsabilité - sans craindre une extension imprévisible du régime des SEL.

Questions fréquentes

Puis-je transformer ma SEL en société de droit commun ?

La transformation d’une SEL en société de droit commun est possible sous certaines conditions. Elle nécessite notamment de vérifier que votre activité n’impose pas légalement le recours à une SEL et de respecter les formalités de transformation prévues par le Code de commerce. Cette opération peut avoir des conséquences fiscales qu’il convient d’analyser au cas par cas.

Comment savoir si mon activité nécessite une SEL ?

Certaines professions libérale réglementées imposent l’exercice en SEL lorsque l’activité s’exerce en société. C’est notamment le cas des avocats, experts-comptables, ou architectes. Consultez votre ordre professionnel ou votre organisme de tutelle pour connaître les obligations spécifiques à votre profession.

Les règles fiscales des SEL sont-elles plus contraignantes ?

Les SEL bénéficient de certains avantages fiscaux spécifiques, notamment en matière de plus-values professionnelles, mais elles sont soumises à des règles particulières concernant la répartition des bénéfices et la rémunération des associés. L’évaluation dépend de votre situation particulière et nécessite une analyse personnalisée.

Cette clarification a-t-elle un impact rétroactif ?

Cette précision administrative clarifie l’interprétation des règles existantes plutôt qu’elle ne crée de nouvelles obligations. Elle ne devrait donc pas remettre en cause les choix effectués antérieurement par les entreprises qui ont opté pour des sociétés de droit commun en toute bonne foi.

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Sandrine Chiorozas, experte en création d'entreprise

Sandrine Chiorozas

Diplômée notaire et droit des affaires — 20 ans d'expérience

Double compétence en droit des affaires et droit notarial, Sandrine accompagne les entrepreneurs dans toutes les étapes de la vie de leur société. Chaque article est rédigé avec rigueur et vérifié auprès des sources officielles.

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