Créer une SASU coûte environ 53 € de frais officiels obligatoires, auxquels s’ajoutent 142 € d’annonce légale de constitution en métropole, soit à peu près 195 € pour la partie purement administrative. Le reste du budget dépend d’un seul choix : rédigez-vous vos statuts avec un modèle en ligne ou avec un accompagnement humain ? En 15 ans comme responsable juridique en cabinet d’expertise comptable, j’ai vu des créateurs économiser 400 € sur leurs statuts et le payer très cher deux ans plus tard, au premier désaccord ou à la première levée de fonds. Cet article vous donne le vrai budget, poste par poste, avec les chiffres officiels 2026 et ce qui se cache derrière les offres « à partir de 0 € ».
- Frais d’immatriculation au RCS : 33,83 €, plus 19,33 € pour la déclaration des bénéficiaires effectifs, soit environ 53 €.
- Annonce légale de constitution : 142 € HT au forfait en France métropolitaine (tarif 2026).
- Capital social : libre, 1 € minimum, mais la moitié doit être versée à la constitution.
- Statuts : de 0 € (modèle en ligne) à partir de 550 € pour une rédaction sur-mesure.
- Budget total réaliste : de 200 € (tout seul) à 700-1 500 € (accompagné), hors options.
Les frais officiels, ceux qu’on ne peut pas éviter
Commençons par ce qui est fixe, encadré par l’État, et identique partout en France. Ces montants ne se négocient pas, personne ne peut vous les faire payer plus cher ou vous en dispenser.
La formalité d’immatriculation d’une société commerciale au Registre du commerce et des sociétés coûte 33,83 €, selon service-public.fr. À cela s’ajoute obligatoirement la déclaration des bénéficiaires effectifs, c’est-à-dire l’identification des personnes qui contrôlent réellement la société, facturée 19,33 €. Pour une SASU classique où vous êtes seul associé et président, vous êtes le bénéficiaire effectif unique, mais la déclaration reste due. On arrive donc à un socle d’environ 53 € de frais de greffe.
Toutes ces démarches passent désormais par un point unique : le guichet unique de l’INPI (formalites.entreprises.gouv.fr). Fini les déplacements au greffe, tout se dépose en ligne. C’est aussi là que vous téléversez vos statuts signés, l’attestation de dépôt des fonds et l’annonce légale.
L’annonce légale, un passage obligé
Toute création de société commerciale impose la publication d’une annonce légale dans un support habilité de votre département. C’est une formalité de transparence : elle rend publique l’existence de votre société vis-à-vis des tiers, clients, fournisseurs et banques.
Depuis 2024, cette annonce est facturée au forfait pour la constitution, ce qui a mis fin à l’ancien système au nombre de lignes où la facture gonflait avec la longueur du texte. Pour l’année 2026, le tarif forfaitaire d’une constitution de SASU est de 142 € HT en France métropolitaine, et de 167 € HT à La Réunion et à Mayotte, d’après l’arrêté des tarifs 2026 publié par service-public.fr. C’est un prix fixe, quel que soit le support habilité que vous choisissez dans votre département.
Petit repère utile : ce forfait de 142 € concerne la SASU. Pour une SAS à plusieurs associés, il grimpe à 199 €, et pour une SARL à 148 €. La forme unipersonnelle est donc l’une des moins chères à ce poste.
Méfiez-vous des plateformes qui affichent « création à 0 € » : l’annonce légale et les frais de greffe restent toujours à votre charge. Le « gratuit » ne porte que sur leur prestation de saisie, souvent compensée par des options payantes ajoutées à la fin du parcours. Les 195 € de frais officiels, eux, sont incontournables.
Le capital social : un coût ? Pas vraiment
C’est la confusion la plus fréquente que je rencontre. Beaucoup de créateurs pensent que le capital social est une somme « dépensée ». Il n’en est rien : c’est de l’argent qui reste le vôtre, versé sur le compte de votre société et que vous récupérez pour la faire fonctionner (acheter du matériel, payer les premières factures).
Le capital d’une SASU est libre à partir de 1 €. La règle à connaître, posée par l’article L227-1 du Code de commerce qui renvoie au régime des sociétés par actions, c’est que la moitié au moins des apports en numéraire doit être versée à la constitution, le solde dans les cinq ans. Concrètement, si vous fixez un capital de 1 000 €, vous devez déposer au minimum 500 € au moment de la création.
Mon conseil d’expérience : ne mettez pas 1 € par réflexe d’économie. Un capital trop faible envoie un mauvais signal aux banques et aux partenaires quand vous demandez un financement. Pour une activité qui va solliciter du crédit, un capital de 1 000 à 5 000 € est plus crédible sans immobiliser une fortune. Je détaille cette réflexion dans mon guide sur le capital social d’une SASU.
Le dépôt des fonds se fait sur un compte bancaire au nom de la société en formation, ou chez un notaire. La banque vous délivre une attestation de dépôt indispensable pour l’immatriculation. Certaines néobanques rendent ce dépôt gratuit et rapide, d’autres le facturent quelques dizaines d’euros : à vérifier avant de choisir.
Les statuts : là où le budget se joue vraiment
Voilà le poste qui explique pourquoi une SASU peut coûter 200 € ou 1 500 €. Les frais officiels sont fixes. Ce qui varie, c’est la façon dont vous rédigez vos statuts, ce document fondateur qui organise le pouvoir, la rémunération du président, l’entrée d’un futur associé, la distribution des dividendes et les conditions de sortie.
Trois voies existent, avec trois logiques de prix très différentes.
Le modèle gratuit ou la plateforme en ligne
Vous téléchargez un modèle type ou vous passez par une plateforme automatisée. Coût : de 0 à 200 €. C’est rapide, c’est peu cher, et pour un projet ultra-simple sans enjeu particulier, ça peut suffire. Le problème, c’est que ces statuts sont génériques : ils ne connaissent ni votre situation familiale, ni votre projet de croissance, ni le fait que vous voulez peut-être faire entrer un associé dans deux ans. Vous signez un document que vous ne comprenez pas toujours.
L’accompagnement humain sur-mesure
C’est mon métier. Je rédige vos statuts en fonction de votre projet réel, je vous explique chaque clause, et j’anticipe ce qui compte pour vous : clause d’agrément si vous voulez contrôler qui entre au capital, organisation de la présidence, articulation salaire et dividendes. Chez Jurixa, mon accompagnement à la création SASU démarre à partir de 550 €, frais officiels en plus (environ 200 €). Vous savez ce que vous signez, et vos statuts tiennent la route dans le temps.
L’expert-comptable ou l’avocat
Un professionnel du chiffre ou du droit peut aussi rédiger vos statuts, généralement dans une fourchette de 1 000 à 3 000 €, parfois dans le cadre d’une mission plus large de conseil ou de comptabilité. C’est solide, mais souvent surdimensionné pour une simple création de SASU sans complexité patrimoniale.
Trois façons de créer sa SASU, trois budgets
| Critère | Plateforme en ligne | Accompagnement Jurixa | Expert-comptable / avocat |
|---|---|---|---|
| Prix statuts | 0 à 200 € | À partir de 550 € | 1 000 à 3 000 € |
| Frais officiels | ~195 € (en plus) | ~200 € (en plus) | ~200 € (en plus) |
| Statuts sur-mesure | Non, modèle type | Oui, adaptés à votre cas | Oui |
| Explications personnalisées | Rares, formulaire | Oui, à chaque étape | Oui |
| Interlocuteur humain | Support standardisé | Sandrine, en direct | Le cabinet |
Le budget total, selon votre profil
Additionnons tout ça pour avoir une vision réaliste, du plus économe au plus accompagné.
Si vous faites absolument tout vous-même, avec un modèle de statuts gratuit : environ 195 à 250 € (frais de greffe + annonce légale + éventuel dépôt de fonds). C’est le minimum absolu, réservé aux profils à l’aise avec la paperasse et aux projets sans aucune particularité.
Si vous voulez des statuts sur-mesure et un accompagnement humain, comptez 700 à 1 500 € tout compris. C’est la fourchette la plus fréquente pour une création sereine, où vous ne prenez pas le risque d’une clause mal rédigée.
Si vous passez par un cabinet complet, le budget monte souvent à 1 500 à 3 500 €, surtout si la mission inclut du conseil fiscal ou de la comptabilité de démarrage.
À ces montants peuvent s’ajouter des options selon votre situation : la domiciliation si vous n’utilisez pas votre adresse personnelle (de 15 à 50 € par mois), un dépôt de capital payant, ou la nomination d’un commissaire aux apports si vous apportez un bien en nature de valeur significative.
N’oubliez pas le coût APRÈS la création
Le budget de création n’est qu’une photo de départ. Une SASU vit ensuite avec des dépenses récurrentes qu’il faut anticiper pour ne pas être pris de court.
Le président de SASU a le statut d’assimilé-salarié : dès qu’il se verse une rémunération, il génère des cotisations sociales élevées, de l’ordre de 82 % de la rémunération nette selon les données 2026. En contrepartie, il bénéficie de la couverture du régime général, mais sans assurance chômage, comme le rappelle service-public.fr. C’est un poste majeur que je détaille dans mon article sur les charges d’une SASU.
À cela s’ajoutent, selon les cas, les honoraires d’un expert-comptable (souvent 60 à 150 € par mois pour une petite structure), la cotisation foncière des entreprises à partir de la deuxième année, et une éventuelle assurance professionnelle. Créer coûte peu ; faire vivre correctement sa société demande un budget annuel qu’il vaut mieux chiffrer dès le départ.
La SASU est une société par actions simplifiée à associé unique. Son fonctionnement repose sur les statuts, qui priment sur presque tout (art. L227-1 et suivants du Code de commerce). Cette liberté est un atout quand les statuts sont bien pensés, un risque quand ils sont bâclés. Pour comprendre la forme dans son ensemble, voyez mon article SASU : définition et fonctionnement.
Faut-il vraiment payer pour se faire accompagner ?
C’est la question que tout le monde se pose, et ma réponse est nuancée, pas commerciale. Si votre projet est simple, que vous serez seul, que vous maîtrisez un peu les démarches et que vous n’avez pas de patrimoine à protéger, un modèle en ligne peut suffire. Vous économiserez quelques centaines d’euros.
Mais dès qu’il y a un enjeu, l’accompagnement se rentabilise vite. Un projet de croissance, l’arrivée future d’un associé, une articulation fine entre salaire et dividendes, une activité réglementée : dans ces cas, une clause oubliée ou mal rédigée coûte bien plus cher que les 550 € économisés. J’ai accompagné des créateurs venus me voir après une création en ligne pour tout reprendre, parce que leurs statuts ne prévoyaient rien pour la situation qu’ils vivaient. Refaire coûte toujours plus que bien faire du premier coup.
Si vous hésitez encore entre plusieurs formes avant de vous décider, mon comparatif SASU ou SARL vous aidera à trancher, et le simulateur SASU vous donnera une idée de votre rémunération nette.
Questions fréquentes
Quel est le prix minimum pour créer une SASU ?
En faisant tout vous-même avec un modèle de statuts gratuit, le minimum est d’environ 195 € : 33,83 € d’immatriculation au RCS, 19,33 € pour les bénéficiaires effectifs et 142 € HT d’annonce légale de constitution en métropole. C’est le socle incompressible, personne ne peut créer une SASU pour moins que ces frais officiels.
La création d’une SASU peut-elle vraiment être gratuite ?
Non. Les plateformes qui affichent « 0 € » ne parlent que de leur prestation de saisie. Les frais de greffe et l’annonce légale, imposés par l’État, restent toujours à votre charge. Le « gratuit » est souvent compensé par des options payantes ajoutées en cours de parcours.
Combien coûtent les statuts d’une SASU ?
De 0 € avec un modèle générique à partir de 550 € pour une rédaction sur-mesure, et jusqu’à 3 000 € chez un cabinet complet. C’est le poste qui fait la vraie différence de budget, et surtout de sécurité pour la suite. Des statuts adaptés à votre projet évitent des corrections coûteuses plus tard.
Le capital social est-il une dépense ?
Non, c’est une idée reçue. Le capital reste votre argent : il est déposé sur le compte de la société et sert à la financer. Il faut simplement libérer au moins la moitié des apports en numéraire à la constitution. Un capital de 1 € est légal mais peu crédible face à une banque.
Quels frais faut-il prévoir après la création ?
Les cotisations sociales du président assimilé-salarié (environ 82 % de la rémunération nette), les éventuels honoraires d’un expert-comptable, la cotisation foncière des entreprises dès la deuxième année et une assurance professionnelle selon l’activité. Le coût de fonctionnement annuel dépasse largement le coût de création.
En conclusion
Le coût de création d’une SASU, ce n’est pas un chiffre unique, c’est un socle fixe d’environ 195 € de frais officiels, plus un choix : celui de la façon dont vous rédigez vos statuts. Vous pouvez créer pour 200 € en assumant seul la paperasse et un modèle générique, ou investir dans un accompagnement à partir de 550 € qui vous donne des statuts sur-mesure et la certitude de comprendre ce que vous signez.
Dans mon accompagnement, je commence toujours par un devis clair, sans option cachée, adapté à votre projet réel. Vous savez exactement ce que vous payez et pourquoi. Si vous voulez chiffrer votre SASU sereinement, parlons-en avant de vous lancer : c’est au moment de la création que tout se décide, et c’est là qu’un bon choix vous fait gagner du temps et de l’argent pour les années à venir.