Vous cherchez des informations sur le NACRE ? Attention, nous n’allons pas parler de bijoux, mais bien du financement de votre projet d’entreprise. Si ce nom résonne encore dans le monde de l’entrepreneuriat, c’est qu’il a été, pendant des années, une aide précieuse pour des milliers de créateurs.
Soyons clairs dès le départ : le dispositif national NACRE est terminé. Il n’existe plus sous sa forme originelle depuis fin 2016. Mais que cela ne vous décourage pas. Le dispositif NACRE est mort, mais votre projet, lui, est bien vivant ! L’esprit de cette aide a survécu et s’est métamorphosé. En tant que juriste, mon objectif est de vous guider à travers le “labyrinthe” apparent des aides actuelles pour vous aider à trouver les financements et l’accompagnement dont vous avez besoin pour lancer votre activité en 2026.
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Le dispositif NACRE : autopsie d’une aide disparue
Pour comprendre ce qui existe aujourd’hui, il faut comprendre ce que le NACRE était. C’était bien plus qu’une simple aide financière ; c’était un parcours complet pour sécuriser le lancement d’une entreprise.
C’était quoi, le NACRE ? (Nouvel Accompagnement pour la Création ou la Reprise d’Entreprise)
Le NACRE était un dispositif d’accompagnement complet, structuré en trois phases distinctes et obligatoires :
- L’aide au montage du projet : un expert vous aidait à finaliser votre business plan, à choisir votre statut juridique et à structurer votre projet de manière viable.
- L’aide à la structuration financière : cette phase visait à obtenir les financements nécessaires. Elle incluait souvent l’accès à un prêt d’honneur à taux zéro, d’un montant pouvant aller jusqu’à 8 000 € [a verifier], sans caution ni garantie personnelle. Ce prêt agissait comme un levier pour obtenir un prêt bancaire complémentaire.
- Le suivi post-création : pendant les trois premières années de l’entreprise, un suivi était mis en place pour aider le nouvel entrepreneur à piloter son activité, anticiper les difficultés et prendre les bonnes décisions stratégiques.
À qui s’adressait-il ?
Le NACRE ciblait spécifiquement les porteurs de projet considérés comme les plus éloignés de l’emploi ou rencontrant des difficultés d’accès au crédit bancaire. On y retrouvait principalement :
- Les demandeurs d’emploi indemnisés ou non.
- Les bénéficiaires du RSA, de l’ASS ou de l’ATA.
- Les jeunes de 18 à 25 ans (ou 29 ans pour les personnes en situation de handicap).
- Les personnes créant leur entreprise dans un Quartier Prioritaire de la Politique de la Ville (QPV).
Que proposait-il concrètement ?
Le véritable atout du NACRE était son approche globale. L’entrepreneur n’était pas lâché dans la nature avec un chèque. Il était encadré par un opérateur conventionné par l’État (comme BGE, Initiative France ou Réseau Entreprendre) qui assurait la cohérence du parcours, du premier jet du business plan jusqu’aux bilans de la troisième année.
2009
Création du NACRE, un dispositif national unique pour accompagner les créateurs d’entreprise les plus fragiles.
2009-2016
Le NACRE aide des dizaines de milliers de porteurs de projet à travers un parcours en 3 phases (montage, financement, suivi).
31 Décembre 2016
Suppression officielle du dispositif national dans le cadre d’une réforme territoriale majeure.
1er Janvier 2017
Transfert de la compétence de l’accompagnement à la création d’entreprise aux Conseils Régionaux.
2017, la fin du NACRE : pourquoi et quelles conséquences ?
La disparition du NACRE n’est pas un hasard. Elle s’inscrit dans une volonté de décentralisation de la politique économique, avec des conséquences directes pour les créateurs d’entreprise.
Le transfert de compétences aux Régions (Loi NOTRe)
Le principal artisan de ce changement est la Loi NOTRe (Loi portant sur la Nouvelle Organisation Territoriale de la République) du 7 août 2015. Cette loi a profondément réorganisé les compétences des collectivités territoriales. En matière de développement économique, elle a confié aux Régions le rôle de chef de file.
Concrètement, l’État a transféré aux Régions la responsabilité (et les budgets associés) de l’accompagnement à la création et à la reprise d’entreprise. Le NACRE, dispositif national et standardisé, n’avait donc plus sa place dans ce nouveau schéma.
D’un dispositif unique à une multitude d’aides locales
La conséquence directe est la fin d’un guichet unique national. Depuis 2017, chaque Région définit sa propre politique d’aide, ses propres critères d’éligibilité et choisit ses propres opérateurs. Nous sommes passés d’un système centralisé à un écosystème d’aides locales.
Le grand changement de 2017
| Critère | Avant 2017 (NACRE) | Après 2017 (Aides Régionales) |
|---|---|---|
| Pilotage | État | Conseils Régionaux |
| Cadre | National et standardisé | Régional et sur-mesure |
| Interlocuteur | Opérateur conventionné par l’État | Opérateur mandaté par la Région |
| Nom de l’aide | NACRE | Variable (ex: “Pass Création”, “IDEclic”, “Entreprendre Région X”) |
Les héritiers du NACRE : le nouveau paysage des aides régionales
Si le nom a disparu, l’ADN du NACRE, lui, a été largement conservé. L’accompagnement et le financement restent les deux piliers des dispositifs actuels, même s’ils sont désormais pilotés par les Régions.
L’accompagnement : le cœur de la mission préservée
Toutes les Régions ont mis en place des parcours d’accompagnement qui reprennent les fondamentaux du NACRE. Ces parcours sont opérés par des réseaux d’experts bien connus :
- Les Chambres de Commerce et d’Industrie (CCI) et les Chambres de Métiers et de l’Artisanat (CMA).
- Les réseaux spécialisés comme Initiative France ou Réseau Entreprendre.
- Des associations locales d’aide à la création comme les BGE.
Votre premier réflexe doit être de contacter ces structures sur votre territoire. Elles sont mandatées par votre Région pour vous guider.
Le financement : prêts d’honneur, subventions et garanties
Le volet financier s’est diversifié. Si le prêt d’honneur à taux zéro reste un outil phare, il est souvent complété par d’autres aides :
- Les prêts d’honneur : accordés par des réseaux comme Initiative France, ils financent vos fonds propres et ont un effet de levier considérable sur les banques. Par exemple, la Région Occitanie peut proposer, via son partenaire Initiative Occitanie, un prêt d’honneur de 3 000 € à 15 000 € à taux zéro, remboursable sur 5 ans.
- Les subventions : certaines régions proposent des aides directes, non remboursables, souvent conditionnées à la création d’emplois ou à l’implantation dans une zone spécifique (rurale, QPV…).
- Les garanties d’emprunt : des organismes comme Bpifrance peuvent se porter garant de votre prêt bancaire, ce qui rassure la banque et facilite l’obtention du crédit.
Les aides nationales toujours en vigueur : ACRE et ARCE
Attention à ne pas tout confondre ! Si l’accompagnement est devenu régional, certaines aides financières de l’État subsistent. Les deux plus connues sont :
- L’ACRE (Aide à la Création ou à la Reprise d’une Entreprise) : une exonération partielle de charges sociales durant la première année d’activité. Elle est accessible à la plupart des créateurs.
- L’ARCE (Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise) : une option pour les demandeurs d’emploi indemnisés, qui leur permet de recevoir 60 % de leurs droits restants à l’assurance chômage sous forme de capital, versé en deux fois.
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Estimer mon ACRE →ACRE et ARCE sont des dispositifs nationaux gérés par l’URSSAF et Pôle Emploi (devenu France Travail en 2025). Ils sont parfaitement cumulables avec les aides et l’accompagnement proposés par votre Région. C’est même une stratégie de financement très courante.
Qui peut prétendre à ces nouvelles aides à la création ?
L’éligibilité est désormais à géométrie variable. Elle dépend de votre profil, de votre projet et, surtout, de votre lieu d’implantation.
Les profils cibles : demandeurs d’emploi, jeunes, porteurs de projet en zone rurale…
Les Régions continuent de cibler prioritairement les publics qui étaient déjà éligibles au NACRE. Les demandeurs d’emploi, les jeunes de moins de 30 ans, les femmes entrepreneures ou les projets s’implantant dans des territoires fragiles (zones de revitalisation rurale - ZRR, QPV) sont souvent au cœur des dispositifs. Chaque Conseil Régional publie ses critères sur son site officiel.
L’importance du plan de financement et du business plan
Plus que jamais, la qualité de votre dossier est déterminante. Un business plan clair, réaliste et un prévisionnel financier solide sont les clés pour convaincre les comités d’agrément. L’accompagnement proposé par les opérateurs régionaux est justement là pour vous aider à monter un dossier inattaquable.
Comment vérifier son éligibilité dans sa région ?
Le meilleur point de départ est le site “Les-aides.fr” de Bpifrance, qui recense la majorité des aides publiques. Ensuite, affinez votre recherche en consultant directement le site de votre Conseil Régional (par exemple, hautsdefrance.fr ou maregionsud.fr). Enfin, prenez contact avec la CCI ou la CMA la plus proche de chez vous.
Votre plan d’action concret pour obtenir un financement
Le parcours est peut-être moins standardisé qu’à l’époque du NACRE, mais il reste très structuré. Voici les étapes à suivre.
Étape 1 : Contacter les bons interlocuteurs
Votre conseiller France Travail (ex-Pôle Emploi) est souvent le premier contact. Il pourra vous orienter. Parallèlement, prenez rendez-vous avec un conseiller création de votre CCI ou CMA locale. Ces structures offrent un premier niveau d’information gratuit et essentiel.
Étape 2 : Identifier l’opérateur d’accompagnement mandaté par votre Région
Suite à ces premiers échanges, on vous dirigera vers l’organisme (Initiative France, Réseau Entreprendre, BGE…) qui gère le dispositif d’accompagnement et de financement régional correspondant à votre projet. C’est cet opérateur qui deviendra votre partenaire principal.
Étape 3 : Monter un dossier solide
Avec l’aide de votre accompagnateur, vous allez peaufiner votre business plan, valider votre choix de statut juridique (SARL, SAS, micro-entreprise…), et construire un prévisionnel financier sur 3 ans. C’est le document clé qui sera présenté au comité de financement pour l’octroi d’un prêt d’honneur ou d’une subvention.
FAQ - Vos questions sur les aides post-NACRE
Le dispositif NACRE existe-t-il encore aujourd’hui ?
Non, le dispositif national NACRE a été supprimé le 31 décembre 2016. Il a été remplacé par des dispositifs d’accompagnement et de financement pilotés par chaque Conseil Régional. Le nom peut parfois être repris localement, mais le cadre est désormais régional.
Quelles sont les aides qui remplacent le NACRE ?
Elles sont multiples et varient d’une région à l’autre. Elles combinent généralement un accompagnement par un réseau d’experts (CCI, CMA, Initiative France…) et des aides financières comme le prêt d’honneur à taux zéro, des subventions ou des garanties sur emprunt bancaire.
Comment trouver l’aide à la création d’entreprise dans ma région ?
Consultez le site de votre Conseil Régional, le portail Les-aides.fr de Bpifrance, ou contactez directement la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) ou la Chambre de Métiers et de l’Artisanat (CMA) de votre département.
Suis-je éligible aux nouvelles aides si j’étais éligible au NACRE ?
Très probablement, oui. Les Régions ont conservé des critères d’éligibilité très proches de ceux de l’ancien NACRE, ciblant en priorité les demandeurs d’emploi et les publics fragiles. Il faut cependant vérifier les conditions précises de votre région.
Peut-on cumuler les aides régionales avec l’ACRE ?
Absolument. L’ACRE (exonération de charges sociales) est une aide nationale qui peut et doit être cumulée avec les dispositifs d’accompagnement et de financement de votre Région. C’est une optimisation essentielle pour démarrer votre activité.
Le paysage des aides a changé, c’est un fait. Le labyrinthe administratif peut sembler décourageant, mais chaque porte mène à une opportunité. Les outils pour réussir sont toujours là, peut-être même plus nombreux et mieux adaptés aux spécificités de votre territoire.
Votre projet mérite d’être soutenu. La fin du NACRE n’est pas la fin de l’accompagnement pour les entrepreneurs. C’est le début d’une nouvelle approche, plus locale et plus agile. En vous adressant aux bons interlocuteurs, vous trouverez les ressources nécessaires pour transformer votre idée en une entreprise pérenne.