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Statuts juridiques

Modèle de statuts SASU : guide complet pour 2026

Sandrine Chiorozas · · 11 min de lecture
Modèle de statuts SASU - guide complet 2026

La semaine dernière, un client m’a envoyé ses statuts SASU récupérés sur un site gratuit. Dix pages, format standard, le nom rempli dans les cases. Sauf que l’objet social tenait en trois mots, aucune clause de variabilité du capital, et la rémunération du président n’était même pas évoquée. Le greffe a retoqué le dossier. Deux semaines de perdues, des frais de republication d’annonce légale, et surtout une vraie frustration alors que tout aurait pu être réglé dès le départ. Ce scénario, je le croise au moins deux fois par mois. Un modèle de statuts SASU, c’est un point de départ utile. Mais entre un squelette juridique et des statuts qui protègent réellement votre projet, il y a un fossé que cet article va vous aider à combler.

Ce que dit le Code de commerce sur les statuts SASU

Commençons par le cadre légal. L’article L210-2 du Code de commerce impose que les statuts de toute société commerciale déterminent six éléments fondamentaux : la forme juridique, la durée (99 ans maximum), la dénomination sociale, le siège social, l’objet social et le montant du capital social.

Pour la SASU spécifiquement, les articles L227-1 à L227-20 ajoutent des exigences propres aux sociétés par actions simplifiées. Les statuts doivent fixer les conditions de direction (article L227-5), les pouvoirs du président (article L227-6), et les règles de décision de l’associé unique (article L227-9).

Ce qu’il faut retenir : la SAS (et donc la SASU) offre une liberté statutaire considérable par rapport à la SARL ou la SA. C’est sa force. Mais cette liberté signifie aussi que vos statuts doivent être d’autant plus précis : tout ce que la loi ne prévoit pas, ce sont vos statuts qui le règlent.

L’article L227-1 du Code de commerce renvoie aux règles des SA pour tout ce que les statuts de SAS ne prévoient pas expressément. En SASU, mieux vaut tout détailler plutôt que se retrouver soumis à des règles pensées pour des sociétés cotées.

Les 12 mentions obligatoires de vos statuts SASU

Voici la structure article par article que je recommande à chaque client. Je l’utilise comme base dans toutes les SASU que je crée chez Jurixa, puis je l’adapte au projet.

Structure type des statuts SASU : les 12 clauses essentielles

ClauseContenuRéférence légale
Forme juridique”Société par actions simplifiée unipersonnelle”Art. L210-2
Dénomination socialeNom de la société + sigle éventuelArt. L210-2
Objet socialDescription détaillée des activitésArt. L210-2
Siège socialAdresse complèteArt. L210-2
DuréeMaximum 99 ans, date de débutArt. L210-2
Capital socialMontant, répartition, conditions de libérationArt. L227-1
ApportsNature, évaluation, commissaire aux apports si besoinArt. L225-14
DirectionNomination du président, pouvoirs, durée du mandatArt. L227-5 et L227-6
Décisions de l’associé uniqueModalités, registre des décisionsArt. L227-9
Exercice socialDates d’ouverture et clôtureUsage + CGI
Affectation des résultatsRéserve légale, dividendes, reportArt. L232-10
Dissolution et liquidationConditions de dissolution, nomination du liquidateurArt. L237-1

Ces 12 clauses constituent le socle minimum. Un modèle gratuit les contiendra, en principe. Mais le diable est dans la rédaction de chacune d’elles.

L’objet social : la clause que tout le monde bâcle

C’est la clause qui concentre le plus d’erreurs dans les modèles téléchargés gratuitement. J’ai vu des objets sociaux rédigés en une seule ligne (“conseil aux entreprises”) et d’autres qui s’étalaient sur deux pages au point de devenir illisibles. Les deux extrêmes posent problème.

Un objet social trop restrictif vous obligera à modifier vos statuts dès que vous élargirez votre activité. Modification statutaire = décision de l’associé unique + annonce légale + dépôt au greffe + mise à jour du RCS. Comptez entre 300 et 500 euros à chaque fois.

Un objet social trop vague peut être refusé par le greffier, ou poser des difficultés avec votre banque ou vos partenaires commerciaux.

Mon conseil : rédigez un objet principal précis, ajoutez 2 à 3 activités connexes, et terminez par une clause d’extension (“et plus généralement, toutes opérations industrielles, commerciales ou financières, mobilières ou immobilières, pouvant se rattacher directement ou indirectement à l’objet social”). Cette formule est classique et acceptée par tous les greffes.

Pour les activités réglementées (agent immobilier, transport, sécurité privée), l’objet social doit reprendre les termes exacts de la réglementation sectorielle. Un oubli à ce stade retardera votre immatriculation et compliquera l’obtention de votre carte professionnelle.

Capital social : ce que les modèles gratuits ne vous expliquent pas

Le capital minimum d’une SASU est de 1 euro. C’est légal. Mais est-ce une bonne idée ? Dans 90 % des cas, non.

1 €
Capital social minimum légal d'une SASU
Article L227-1 du Code de commerce

Un capital à 1 euro envoie un signal négatif à vos partenaires : banques, fournisseurs, bailleurs. Quand je conseille mes clients, je recommande un capital cohérent avec le projet. Pour une activité de service, 1 000 à 5 000 euros suffisent souvent. Pour une activité nécessitant du stock ou du matériel, il faut ajuster en conséquence.

Sur la libération, la loi impose de libérer au moins 50 % des apports en numéraire à la constitution, le solde devant être versé dans les 5 ans (article L227-1 renvoyant à l’article L225-3). C’est un point que beaucoup de modèles mentionnent sans en expliquer les conséquences fiscales : tant que le capital n’est pas intégralement libéré, vous ne pouvez pas bénéficier du taux réduit d’IS à 15 % sur les premiers 42 500 euros de bénéfice.

50 %
Libération minimale des apports en numéraire à la constitution
Article L225-3 du Code de commerce

Apports en nature : quand faut-il un commissaire aux apports ?

Si vous apportez un bien (véhicule, matériel, brevet, fonds de commerce), deux conditions cumulatives déclenchent l’obligation de nommer un commissaire aux apports :

  • La valeur d’un seul apport dépasse 30 000 euros
  • La valeur totale des apports en nature excède la moitié du capital social

En dessous de ces seuils, l’associé unique peut décider seul de la valeur des apports. Attention : si vous surévaluez un apport sans commissaire, vous engagez votre responsabilité personnelle pendant 5 ans.

Le président : une clause à ne surtout pas négliger

Le modèle standard prévoit en général “La société est présidée par M./Mme X, nommé pour une durée indéterminée”. Trois lignes. C’est insuffisant.

En SASU, le président est le seul organe de direction obligatoire. Ses pouvoirs vis-à-vis des tiers sont quasi illimités (il engage la société pour tout acte entrant dans l’objet social). Mais en interne, vos statuts peuvent limiter ses pouvoirs comme vous le souhaitez. C’est justement cette liberté qui rend la clause stratégique.

Voici ce que j’inclus systématiquement dans les statuts que je rédige :

  • Durée du mandat : déterminée ou indéterminée, avec les conditions de renouvellement
  • Plafond d’engagement : au-delà d’un certain montant (par exemple 10 000 euros), le président doit obtenir l’accord préalable de l’associé unique
  • Rémunération : fixée par décision de l’associé unique, avec les modalités de révision
  • Cumul avec un contrat de travail : possible sous conditions strictes (fonctions techniques distinctes, lien de subordination réel)
  • Conditions de révocation : ad nutum (à tout moment) ou pour juste motif, avec ou sans indemnité

En SASU où l’associé unique est aussi président, la clause de rémunération est souvent négligée. Or elle a un impact fiscal direct : sans décision formelle fixant la rémunération, l’URSSAF peut requalifier des prélèvements en dividendes ou, inversement, contester des charges déduites du résultat.

Capital variable : la clause que je recommande presque toujours

Peu de modèles gratuits intègrent la clause de variabilité du capital. C’est dommage, parce qu’elle offre une souplesse considérable pour l’avenir.

Le principe : vous fixez un capital plancher (le “capital minimum” en dessous duquel on ne peut pas descendre sans modifier les statuts) et un capital autorisé (le plafond). Entre ces deux bornes, l’associé unique peut augmenter ou réduire le capital librement, sans modification statutaire, sans annonce légale, sans dépôt au greffe.

En pratique, je paramètre souvent un plancher à 1 000 euros et un plafond à 50 000 ou 100 000 euros. Cela permet d’injecter progressivement des fonds dans la société ou d’accueillir un futur associé sans passer par la case notaire.

0 €
Coût d'une augmentation de capital dans la fourchette variable
Dispense de formalités modificatives (art. L231-1 C. com.)

Anticiper la transformation en SAS pluripersonnelle

Un point que je soulève systématiquement avec mes clients : aujourd’hui, vous créez seul. Demain, vous voudrez peut-être faire entrer un associé, un investisseur, ou un salarié au capital. Vos statuts SASU doivent anticiper cette évolution.

Les clauses à prévoir dès la création :

  • Clause d’agrément : tout nouvel entrant doit être approuvé par l’associé (puis par les associés existants une fois en SAS)
  • Clause de préemption : en cas de cession, les associés existants sont prioritaires
  • Clause d’inaliénabilité temporaire : les actions ne peuvent pas être cédées pendant une période définie (souvent 2 à 3 ans)
  • Droit de sortie conjointe (tag-along) : si l’associé majoritaire vend, les minoritaires peuvent exiger de céder aussi

Ces clauses n’ont aucun effet tant que vous êtes seul. Mais elles seront déjà en place le jour où la structure évoluera. Les rédiger à ce moment-là coûtera beaucoup plus cher et sera source de négociations parfois tendues.

Les pièges des modèles gratuits en ligne

Je ne suis pas contre les modèles gratuits. Ils permettent de comprendre la structure d’un acte juridique et de se poser les bonnes questions. Mais ils présentent trois limites majeures que je constate en permanence.

Premier piège : les modèles obsolètes. Le droit des sociétés évolue. Les seuils de commissaire aux apports, les règles de dépôt au guichet unique de l’INPI (qui a remplacé Infogreffe pour l’immatriculation depuis janvier 2023), les obligations de déclaration des bénéficiaires effectifs. Un modèle rédigé en 2020 peut contenir des références périmées sans que rien ne le signale.

Deuxième piège : l’objet social générique. La plupart des modèles proposent un objet social passe-partout. Ça passe au greffe, mais ça ne vous protège pas. J’ai accompagné un client dont l’objet social mentionnait “prestations de services informatiques” alors qu’il avait développé une activité de formation. L’organisme de certification a refusé son dossier Qualiopi en pointant l’incohérence entre l’objet social et l’activité réelle.

Troisième piège : l’absence de clauses d’anticipation. Aucun modèle gratuit ne prévoit de clause d’agrément, de préemption, ou de variabilité du capital. Résultat : quand le besoin se présente, il faut rédiger un avenant, le faire signer, publier, déposer. Du temps et de l’argent qui auraient pu être évités.

Le Greffe du Tribunal de Paris rappelle que les fondateurs et premiers organes de direction sont solidairement responsables du préjudice causé par l’absence d’une mention obligatoire dans les statuts. Une omission peut engager votre responsabilité personnelle.

Ce que je fais différemment chez Jurixa

Quand un client me confie la rédaction de ses statuts SASU, je ne pars jamais d’un modèle standard que je remplis. Je construis les statuts à partir du projet.

Première étape : un entretien de cadrage. Je vous pose des questions sur votre activité, vos perspectives de développement, votre situation personnelle (marié, pacsé, enfants), votre stratégie de rémunération, vos besoins de financement. Chaque réponse influence la rédaction.

Deuxième étape : la rédaction sur mesure. Objet social adapté à votre secteur, clause de capital variable calibrée, pouvoirs du président ajustés, clauses d’anticipation intégrées. Je vous livre un document complet, prêt à signer, avec une note explicative pour chaque clause.

Troisième étape : je m’occupe de la suite. Dépôt du capital, publication de l’annonce légale, immatriculation au guichet unique de l’INPI, déclaration des bénéficiaires effectifs. Vous recevez votre extrait Kbis sans avoir eu à gérer un seul formulaire.

La différence entre un modèle gratuit et un accompagnement sur mesure, ce n’est pas seulement le confort. C’est la certitude que vos statuts tiendront la route dans 3, 5 ou 10 ans, quelle que soit l’évolution de votre activité.

Questions fréquentes

Combien coûte la rédaction de statuts SASU ?

Trois options. Vous rédigez seul avec un modèle : 0 euro, mais avec les risques évoqués. Vous passez par une plateforme en ligne : entre 100 et 300 euros pour un formulaire automatisé. Vous faites appel à un professionnel (juriste, avocat) : comptez entre 500 et 1 500 euros pour des statuts réellement sur mesure. Chez Jurixa, la rédaction des statuts est incluse dans la prestation de création de SASU, à partir de 500 euros.

Peut-on modifier les statuts après la création ?

Oui, à tout moment. L’associé unique prend une décision unilatérale, consignée au registre des décisions. Il faut ensuite publier un avis de modification dans un journal d’annonces légales et déposer le dossier au guichet unique. Coût moyen : 200 à 400 euros selon les modifications.

Faut-il un avocat ou un notaire pour rédiger les statuts SASU ?

Aucune obligation légale. Les statuts peuvent être rédigés sous seing privé (signature entre les parties). L’acte notarié n’est obligatoire que si les apports incluent un bien immobilier. En revanche, faire relire ou rédiger ses statuts par un professionnel du droit reste fortement recommandé pour éviter les erreurs coûteuses.

Quelle différence entre statuts SASU et statuts SAS ?

La structure est quasiment identique. La seule différence tient au nombre d’associés : un seul en SASU, deux minimum en SAS. Les statuts SASU prévoient des “décisions de l’associé unique” là où la SAS prévoit des “décisions collectives des associés”. Quand la SASU accueille un nouvel associé, elle devient automatiquement une SAS sans avoir besoin de changer de forme juridique.

Combien de temps prend la création d’une SASU ?

Entre la signature des statuts et la réception du Kbis, comptez 5 à 15 jours ouvrés selon la rapidité du greffe. La rédaction des statuts elle-même prend 24 à 48 heures chez Jurixa. Le plus long, c’est souvent l’ouverture du compte bancaire professionnel pour le dépôt du capital.

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Sandrine Chiorozas, experte en création d'entreprise

Sandrine Chiorozas

Diplômée notaire et droit des affaires — 20 ans d'expérience

Double compétence en droit des affaires et droit notarial, Sandrine accompagne les entrepreneurs dans toutes les étapes de la vie de leur société. Chaque article est rédigé avec rigueur et vérifié auprès des sources officielles.

Contenu vérifié en avril 2026 Legifrance Service-public.fr Infogreffe

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