Un influenceur ou créateur de contenu peut exercer en micro-entreprise au démarrage (comptabilité allégée, cotisations sur le chiffre d’affaires), puis basculer en SASU ou EURL quand ses revenus dépassent les seuils ou qu’il souhaite récupérer la TVA et optimiser sa fiscalité. La loi de 2023 sur l’influence commerciale encadre l’activité en imposant notamment un contrat écrit pour toute collaboration rémunérée. Depuis quinze ans que j’accompagne des créateurs d’entreprise, je vois de plus en plus de créateurs de contenu franchir le cap de la structuration, et ceux qui choisissent le bon statut au bon moment évitent beaucoup de tracas fiscaux et sociaux. Voici tout ce qu’il faut savoir en 2026.
- L’activité d’influenceur, même à domicile, exige une immatriculation dès qu’elle devient professionnelle.
- La micro-entreprise convient pour démarrer, la SASU ou l’EURL prennent le relais au-delà des seuils ou pour optimiser.
- Les revenus de partenariats, affiliation et dons relèvent des BNC (bénéfices non commerciaux).
- La TVA s’applique dès que vous dépassez le seuil de franchise (25 000 € pour les prestations de services).
- La loi de 2023 sur l’influence commerciale impose un cadre strict : contrat écrit, transparence publicitaire, interdictions sur certains secteurs.
Faut-il déclarer son activité d’influenceur ?
Oui, dès que vous percevez des revenus réguliers de votre activité de créateur de contenu, vous devez vous immatriculer. Peu importe que vous travailliez depuis votre chambre ou que vos gains soient modestes au départ : si l’activité est habituelle et génère des revenus, elle relève d’une activité professionnelle et doit être déclarée.
L’immatriculation se fait sur le guichet unique géré par l’INPI, qui centralise toutes les formalités. Vous déclarez votre activité, choisissez votre statut et recevez un numéro SIRET. À partir de là, vous facturez légalement vos partenariats et déclarez vos revenus dans le bon régime fiscal.
Continuer à percevoir des revenus de partenariats sans s’immatriculer expose à un redressement fiscal et à des pénalités. Les plateformes et les marques demandent de plus en plus systématiquement un SIRET avant tout paiement, et l’administration fiscale croise les données.
Peut-on cumuler avec un emploi salarié ?
Oui, et c’est même très fréquent. Vous pouvez tout à fait être salarié à temps plein ou à temps partiel et exercer une activité de créateur de contenu en parallèle, du moment que votre contrat de travail ne l’interdit pas. Vérifiez votre clause d’exclusivité et, au besoin, demandez une autorisation écrite à votre employeur. La micro-entreprise se prête particulièrement bien à ce cumul au démarrage.
Micro-entreprise ou société : quel statut choisir ?
C’est la première question que me posent les créateurs de contenu qui viennent me voir. Et la réponse dépend de votre volume d’activité, de vos revenus prévisibles et de vos ambitions.
La création d’une micro-entreprise offre une solution simple pour démarrer. Vous vous inscrivez en quelques clics, la comptabilité se résume à un livre des recettes et vous ne payez des cotisations sociales que sur ce que vous encaissez réellement. Si vous gagnez zéro euro un mois, vous payez zéro cotisation ce mois-là. Le régime micro-BNC (bénéfices non commerciaux) s’applique à l’activité d’influenceur, avec un abattement forfaitaire pour frais de 34 % et des cotisations sociales autour de 21,2 % du chiffre d’affaires.
Mais la micro-entreprise a des limites. Le plafond de recettes annuelles pour les prestations de services en BNC est de 77 700 € en 2026. Vous ne pouvez pas récupérer la TVA sur vos achats (matériel photo, logiciels, formation), et toute recette est considérée comme du revenu imposable après abattement, sans possibilité de déduire vos charges réelles si elles dépassent 34 %.
Beaucoup de créateurs démarrent en micro-entreprise, valident leur modèle et leurs revenus, puis basculent en société la deuxième ou troisième année. Ce passage se prépare, mais il est tout à fait naturel dans la vie d’un influenceur qui professionnalise son activité.
La TVA : quand faut-il la facturer ?
Tant que votre chiffre d’affaires annuel reste en dessous de 25 000 € pour les prestations de services, vous bénéficiez de la franchise en base de TVA : vous ne facturez pas de TVA et vous ne la récupérez pas non plus. Dès que vous dépassez ce seuil, vous devez facturer la TVA à 20 % sur vos prestations et la reverser à l’État, mais en contrepartie vous récupérez la TVA sur vos achats professionnels.
Les obligations pratiques pour un influenceur
Concrètement, vous devez pouvoir présenter vos contrats en cas de contrôle, afficher clairement le caractère publicitaire de vos contenus sponsorisés, et vous assurer que les produits ou services que vous recommandez respectent la réglementation. Les autorités de contrôle (DGCCRF notamment) ont renforcé leurs vérifications, et les sanctions peuvent être lourdes.
Un influenceur qui travaille régulièrement avec des marques a tout intérêt à se structurer correctement dès le départ : immatriculation, facturation en règle, contrats écrits, mentions publicitaires conformes. C’est là que mon accompagnement intervient, pour sécuriser la structure de départ et éviter les faux pas.
Combien coûte la création d’une structure d’influenceur ?
Créer une micro-entreprise est gratuit : l’immatriculation sur le guichet unique ne génère aucun frais. Vous recevez votre SIRET sans débourser un euro, et vous pouvez commencer à facturer immédiatement.
Créer une société (SASU ou EURL) demande un budget plus conséquent. Vous devez rédiger les statuts, publier une annonce légale, déposer le capital social (minimum 1 € symbolique, mais en pratique quelques centaines ou milliers d’euros selon vos besoins), et immatriculer la société au registre du commerce et des sociétés. Les frais externes tournent autour de 200 €, auxquels s’ajoute l’accompagnement si vous ne voulez pas tout faire seul.
Les options pour créer votre structure d'influenceur
| Solution | Tarif indicatif | Ce que vous obtenez |
|---|---|---|
| Plateformes en ligne | 99 à 199 € | Formulaires automatisés, peu de conseil personnalisé |
| Jurixa | à partir de 550 € + frais ~200 € | Statuts sur-mesure, choix du statut adapté, accompagnement humain |
| Cabinet traditionnel | 1 000 à 3 000 € | Prestation complète, tarif élevé |
Chez Jurixa, j’accompagne la création de votre structure d’influenceur à partir de 550 €, avec un vrai échange pour choisir le statut le plus adapté à votre situation, rédiger des statuts sur-mesure et vous expliquer vos obligations. Pas de formulaire impersonnel : on regarde ensemble ce qui colle à votre activité et à vos ambitions.
Questions fréquentes
Peut-on être influenceur sans créer d’entreprise ?
Non, dès que vous percevez des revenus réguliers de votre activité de créateur de contenu, vous devez vous immatriculer. Même si vous travaillez depuis chez vous ou que vos gains sont modestes, l’activité professionnelle habituelle exige une structure déclarée.
Quel régime fiscal pour un influenceur en micro-entreprise ?
Les revenus d’influenceur relèvent des BNC (bénéfices non commerciaux). Vous bénéficiez d’un abattement forfaitaire de 34 % pour frais et payez des cotisations sociales d’environ 21,2 % du chiffre d’affaires, auxquelles s’ajoute l’impôt sur le revenu calculé sur la base après abattement.
La loi de 2023 sur l’influence s’applique-t-elle à tous les influenceurs ?
Oui, dès que vous monétisez votre audience en France par des partenariats rémunérés. Elle impose un contrat écrit, des mentions publicitaires claires, et interdit la promotion de certains produits. Même les micro-influenceurs sont concernés.
Faut-il facturer avec TVA dès le début ?
Non, tant que votre chiffre d’affaires annuel reste sous 25 000 € pour les prestations de services, vous êtes en franchise de TVA : vous ne facturez pas de TVA et vous n’en récupérez pas. Au-delà, vous devez facturer la TVA et la reverser à l’État.
Mon conseil pour structurer sereinement votre activité
Avant de signer votre premier partenariat rémunéré, prenez le temps de vous immatriculer et de choisir le statut adapté à votre situation. Si vous débutez et que vous ne savez pas encore combien vous allez gagner, la micro-entreprise est la voie la plus simple. Si vous avez déjà une audience solide et des revenus prévisibles au-delà des seuils, passez directement en société pour optimiser dès le départ. Et dans tous les cas, respectez le cadre de la loi de 2023 : contrat écrit, transparence publicitaire, mentions conformes. C’est ce socle, posé proprement, qui vous permet de monétiser votre audience sans risque. Si vous voulez sécuriser votre choix de statut et vos premières factures, c’est exactement le type de structuration que j’accompagne au quotidien.