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Transmission d'entreprise familiale : le guide Dutreil 2026

Sandrine Chiorozas · · 17 min de lecture
JURIXA.FR
Transmission & holding
Transmettre son
entreprise en famille
Les 4 outils qui changent le montant des droits à payer.
75 %
d'exonération sur les droits de donation avec le pacte Dutreil
art. 787 B CGI
100 000 €
d'abattement par parent et par enfant, renouvelable tous les 15 ans
art. 779 CGI
3 pièges qui font tomber l'exonération
⚖️
6 ans de conservation individuelle depuis la réforme du 21 février 2026 (contre 4 ans avant).
📜
Une fonction de direction obligatoire pendant l'engagement collectif et les 3 ans qui suivent.
⚠️
Un seul héritier revend ses titres avant terme et c'est toute l'exonération qui tombe.
JURIXA
Experte en création d’entreprise
Une transmission structurée, pas improvisée.
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jurixa.fr

Transmettre une entreprise familiale à ses enfants coûte, en droits de donation, jusqu’à 45 % de sa valeur sans aucune précaution. Avec un pacte Dutreil combiné à une donation-partage, ce taux peut descendre à quelques points seulement sur des transmissions de plusieurs centaines de milliers d’euros. Dans mon accompagnement, je vois régulièrement des dirigeants qui découvrent ces mécanismes bien trop tard, après avoir déjà envisagé une vente pure et simple faute d’alternative connue. Cet article détaille les 4 outils opérationnels (pacte Dutreil, donation-partage, démembrement, holding de reprise) pour transmettre à la génération suivante en gardant le contrôle sur le calendrier et sur la facture fiscale.

Ce que vous saurez après cet article
  • Le pacte Dutreil exonère 75 % de la valeur des titres transmis, sous engagement de conservation de 6 ans par héritier depuis la réforme du 21 février 2026 (art. 787 B CGI).
  • Un abattement de 100 000 € par parent et par enfant se renouvelle tous les 15 ans, cumulable avec le Dutreil.
  • Donner avant 70 ans, en pleine propriété et sous Dutreil, ajoute une réduction de 50 % sur les droits déjà réduits (art. 790 CGI).
  • La donation-partage fige la valeur de l’entreprise au jour de l’acte : la plus-value réalisée ensuite par l’enfant repreneur ne se rapporte pas à la succession.
  • Le démembrement (donation de la nue-propriété, conservation de l’usufruit) permet de transmettre en gardant la main sur la société, à condition de limiter les droits de vote de l’usufruitier.
  • Quand un seul enfant reprend et que les autres n’ont pas vocation à rester associés, la holding de reprise familiale (family buy out) permet de les indemniser sans vider la trésorerie de l’entreprise.

Pourquoi la transmission familiale se prépare des années avant

Une transmission d’entreprise réussie se joue rarement dans les six derniers mois. Les statuts qu’il faut parfois faire évoluer, l’engagement collectif de conservation qui doit courir depuis deux ans, l’évaluation de la société, la répartition entre plusieurs enfants dont un seul veut reprendre : tout ça prend du temps à structurer proprement.

Dans mon accompagnement, la première question que je pose à un dirigeant qui pense à sa transmission n’est pas fiscale, elle est familiale. Combien d’enfants ? Combien veulent reprendre, réellement, et pas par sentiment de devoir ? Le repreneur pressenti a-t-il l’appui des autres héritiers ? Ces réponses conditionnent le choix des outils bien plus que la seule optimisation fiscale.

Cet article se concentre sur la transmission entre vifs à la génération suivante, aux enfants ou petits-enfants. Pour une vision plus large des enjeux économiques de la vague de départs en retraite des dirigeants, l’article transmission d’entreprise : enjeu majeur pour les créateurs donne le contexte national. Ici, l’angle est opérationnel : quels actes signer, dans quel ordre, pour combien.

Le pacte Dutreil, la pièce centrale du dispositif

Le pacte Dutreil est le mécanisme fiscal le plus puissant pour transmettre une entreprise en France. Il exonère de droits de mutation à titre gratuit 75 % de la valeur des parts ou actions d’une société ayant une activité industrielle, commerciale, artisanale, agricole ou libérale, transmises par donation ou succession. C’est l’article 787 B du Code général des impôts qui pose ce cadre, et je le vérifie systématiquement à jour avant chaque dossier tant les conditions évoluent d’une loi de finances à l’autre.

75 %
Exonération de droits de donation ou de succession sur les titres transmis sous pacte Dutreil
art. 787 B CGI

Les trois engagements à tenir

Le bénéfice de l’exonération repose sur une mécanique en trois temps, et manquer l’un des trois fait tomber tout l’avantage.

  1. L’engagement collectif de conservation : le dirigeant, seul ou avec d’autres associés (souvent son conjoint), s’engage à conserver au moins 17 % des droits financiers et 34 % des droits de vote (10 % et 20 % si la société est cotée) pendant une durée minimale de deux ans avant la transmission. Cet engagement peut aussi être “réputé acquis” si le dirigeant détient seul ces seuils depuis au moins deux ans et y exerce son activité professionnelle principale, ce qui évite d’avoir à signer un acte séparé dans la majorité des petites structures familiales.
  2. L’engagement individuel de conservation : chaque enfant qui reçoit des titres s’engage à son tour à les conserver, cette fois pendant 6 ans à compter de la fin de l’engagement collectif. C’est le point qui a changé le plus récemment : avant la réforme entrée en vigueur le 21 février 2026, cette durée était de 4 ans.
  3. L’exercice d’une fonction de direction : l’un des signataires de l’engagement collectif, ou l’un des enfants donataires, doit exercer une fonction de direction (gérance, présidence, direction générale selon la forme sociale) pendant toute la durée de l’engagement collectif et pendant les 3 années qui suivent la transmission. Un dirigeant qui transmet et se retire totalement du jour au lendemain, sans qu’aucun des enfants ne prenne le relais opérationnel dans l’immédiat, prend un risque sur ce point.

Depuis la réforme entrée en vigueur le 21 février 2026, la durée totale de conservation minimale (engagement collectif + engagement individuel) atteint 8 ans au lieu de 6 auparavant. La loi a aussi resserré le périmètre exonéré en excluant certains biens dits “de confort” (résidences, biens de chasse ou de pêche, véhicules de tourisme, bijoux, chevaux de course, vins et alcools) sauf s’ils sont affectés exclusivement à l’activité professionnelle depuis au moins trois ans (art. 787 B CGI).

Ce qui rend le Dutreil incompatible

Deux situations font régulièrement échouer un dossier Dutreil dans mon accompagnement. D’abord, une société qui se limite à la gestion de son propre patrimoine mobilier ou immobilier (holding purement patrimoniale, sans activité opérationnelle) n’est pas éligible : seule une holding animatrice, qui participe activement à la conduite du groupe et lui rend des services réels, entre dans le dispositif. Ensuite, la revente des titres par un seul des héritiers avant le terme des 6 ans fait tomber l’exonération pour la part cédée, sauf exceptions limitées (cession à un autre signataire de l’engagement, fusion, liquidation judiciaire).

J’ai vu un dossier où deux frères avaient reçu chacun 30 % des parts sous Dutreil, l’un pour continuer à exploiter l’entreprise, l’autre par principe d’égalité. Trois ans plus tard, celui qui n’était pas impliqué a voulu revendre ses parts pour financer un projet personnel. Résultat : remise en cause de l’exonération sur sa part, avec rappel de droits et intérêts de retard. Une transmission Dutreil ne se décide pas sur un principe d’égalité abstrait, elle se décide en fonction de qui reste réellement engagé.

La donation-partage, pour figer les valeurs et éviter les conflits

La donation-partage est un acte notarié qui combine deux opérations en une seule : le donateur transmet des biens de son vivant, et il répartit d’emblée ces biens entre ses héritiers présomptifs. Le Code civil, aux articles 1075 et suivants, encadre ce dispositif ancien mais particulièrement adapté à la transmission d’entreprise.

Son intérêt majeur pour une entreprise familiale : elle fige la valeur des titres au jour de l’acte. Si l’enfant repreneur fait ensuite prospérer la société et que sa valeur double en dix ans, cette plus-value ne sera pas réintégrée dans la succession au décès du donateur pour être partagée entre tous les héritiers. Sans donation-partage, une simple donation classique réintègre la valeur du bien au jour du décès pour vérifier l’équilibre entre héritiers, ce qui peut pénaliser lourdement l’enfant qui a fait fructifier l’entreprise.

Comment répartir entre plusieurs enfants

Quand un seul enfant reprend l’entreprise et que les autres n’ont pas vocation à devenir associés, la donation-partage permet d’attribuer l’entreprise au repreneur et des biens d’une valeur équivalente (immobilier, liquidités, portefeuille financier) aux autres enfants. Si l’équilibre est imparfait, une soulte (somme d’argent compensatoire versée par l’enfant avantagé aux autres) rétablit la balance, généralement limitée au quart de la valeur des biens reçus pour rester dans un schéma équilibré.

Autre option : la donation-partage conjonctive, réalisée par les deux parents ensemble. Elle permet de doubler les abattements applicables (100 000 € par parent, soit 200 000 € au total par enfant) et de répartir des biens communs ou indivis en une seule opération, plus simple qu’une double donation successive.

100 000 €
Abattement applicable par parent et par enfant, renouvelable tous les 15 ans
art. 779 CGI, impots.gouv.fr

Dans mon accompagnement, je recommande presque systématiquement d’associer donation-partage et pacte Dutreil plutôt que l’un sans l’autre. La donation-partage règle l’équité entre enfants et sécurise juridiquement l’acte face à d’éventuelles contestations futures. Le Dutreil réduit la facture fiscale. Les deux se cumulent sans difficulté sur les mêmes titres.

Le démembrement de propriété : transmettre sans lâcher les rênes

Beaucoup de dirigeants hésitent à transmettre parce qu’ils craignent de perdre le contrôle de leur société avant d’être prêts à s’en détacher réellement. Le démembrement de propriété répond exactement à cette crainte. Il consiste à donner la nue-propriété des titres aux enfants tout en conservant l’usufruit, c’est-à-dire le droit de percevoir les dividendes et, en pratique, de continuer à exercer une influence sur les décisions de gestion courante.

Fiscalement, les droits de donation ne se calculent que sur la valeur de la nue-propriété, pas sur la pleine propriété. Cette valeur dépend d’un barème légal fixé selon l’âge du donateur au jour de l’acte (art. 669 CGI) : plus le donateur est jeune, plus la nue-propriété transmise représente une fraction faible de la valeur totale, et donc plus les droits sont réduits. Au décès de l’usufruitier, l’enfant récupère la pleine propriété sans droits supplémentaires à payer, l’extinction de l’usufruit n’étant pas une nouvelle mutation taxable.

La condition à ne pas rater pour rester éligible au Dutreil

Le démembrement se combine avec le pacte Dutreil, mais à une condition précise posée par l’article 787 B lui-même : les droits de vote de l’usufruitier doivent être statutairement limités aux décisions concernant l’affectation des bénéfices. Autrement dit, si vous conservez l’usufruit des titres transmis sous Dutreil, vos statuts doivent explicitement retirer à l’usufruitier tout droit de vote sur les décisions de gestion, de nomination des dirigeants ou de modification des statuts, pour ne lui laisser que le vote sur l’affectation du résultat. Une clause statutaire mal rédigée sur ce point, et c’est l’ensemble du bénéfice Dutreil qui peut être remis en cause.

Donation classique, pacte Dutreil, démembrement + Dutreil : ce qui change

CritèreDonation classiquePacte Dutreil seulDémembrement + Dutreil
Assiette taxable100 % de la valeur des titres25 % de la valeur (après exonération 75 %)25 % de la seule valeur de la nue-propriété
Contrôle conservé par le donateurAucun, sauf clause spécifiqueAucun sauf montage complémentaireOui, via l’usufruit (droit sur les bénéfices)
Durée d’engagementAucune8 ans au total (collectif + individuel)8 ans, plus limitation des droits de vote de l’usufruitier
Réduction supplémentaire possibleNon50 % si donateur < 70 ans, pleine propriété (art. 790 CGI)Non cumulable avec la réduction de l’art. 790 (celle-ci vise la pleine propriété)
Adapté àTransmissions de faible valeurDirigeant prêt à se retirerDirigeant qui veut transmettre progressivement

La réduction supplémentaire de 50 % pour les donations avant 70 ans

Un point que beaucoup de dirigeants ignorent : au-delà de l’exonération de 75 % du pacte Dutreil, l’article 790 du CGI prévoit une réduction supplémentaire de 50 % sur les droits déjà calculés, lorsque la donation est réalisée en pleine propriété et que le donateur a moins de 70 ans au jour de l’acte. Cette réduction s’applique aux droits liquidés après application du régime Dutreil : la fiscalité finale peut donc descendre à environ 12,5 % de la valeur des titres, avant même de tenir compte de l’abattement de 100 000 € par enfant.

C’est un argument de calendrier concret : transmettre à 68 ans plutôt qu’à 72 ans peut représenter une différence de plusieurs dizaines de milliers d’euros de droits sur une entreprise de valeur moyenne. Dans mon accompagnement, ce chiffrage fait souvent basculer une décision que le dirigeant reportait depuis des années par appréhension.

La holding de reprise familiale, quand un seul enfant reprend

Quand un enfant unique souhaite reprendre l’entreprise et que ses frères et sœurs n’ont ni l’envie ni la vocation d’y rester associés, transmettre à parts égales à tous crée souvent plus de problèmes qu’elle n’en résout : le repreneur se retrouve minoritaire ou codécisionnaire avec des associés passifs, et les tensions arrivent vite.

La holding de reprise familiale, aussi appelée family buy out (FBO), répond à cette configuration. Le mécanisme se déroule en trois temps :

  • Le dirigeant transmet ses titres, généralement via une donation-partage, en attribuant la pleine propriété (ou la nue-propriété) à l’enfant repreneur et des compensations équivalentes aux autres enfants.
  • L’enfant repreneur crée une holding qui rachète, en complément de la donation reçue, une partie des titres via une soulte versée aux autres héritiers.
  • Cette soulte est financée par un emprunt bancaire contracté par la holding, remboursé au fil des années par les dividendes remontés de la société opérationnelle vers la holding, en franchise quasi totale d’impôt si le régime mère-fille s’applique (participation d’au moins 5 %).

Ce montage permet à l’enfant repreneur de devenir associé unique ou très majoritaire sans mobiliser un apport personnel disproportionné, tout en indemnisant équitablement ses frères et sœurs. Le mécanisme rejoint celui d’une reprise classique par effet de levier : pour comprendre le fonctionnement financier de la holding elle-même, l’article créer une holding pour racheter une entreprise détaille le montage LBO sous-jacent, et holding familiale : création, fiscalité et transmission approfondit les aspects patrimoniaux propres au contexte familial.

La semaine dernière encore, j’accompagnais une famille où deux enfants sur trois ne voulaient clairement pas reprendre l’entreprise de menuiserie de leur père. La holding de reprise a permis au troisième enfant, déjà salarié dans l’entreprise depuis huit ans, de racheter progressivement les parts sans que ses frère et sœur n’aient à rester associés d’une société dont ils ne voulaient plus entendre parler. Le prêt bancaire de la holding est calé sur la capacité de distribution réelle de l’entreprise, pas sur un montant théorique.

Combien coûte réellement une transmission bien structurée

Prenons un exemple concret, comparable à ce que je rencontre régulièrement dans mon accompagnement : une entreprise valorisée à 800 000 €, transmise par un dirigeant de 65 ans à son unique enfant repreneur, en pleine propriété, sous pacte Dutreil.

  • Valeur des titres : 800 000 €
  • Après exonération Dutreil (75 %) : assiette taxable ramenée à 200 000 €
  • Après abattement parent-enfant (100 000 €) : assiette ramenée à 100 000 €
  • Application du barème progressif des droits de donation en ligne directe sur cette tranche
  • Après réduction supplémentaire de 50 % (donateur de moins de 70 ans, pleine propriété, art. 790 CGI) : les droits calculés sont divisés par deux

Sur cet exemple, la facture finale représente une fraction très réduite de la valeur réelle de l’entreprise, à comparer aux 45 % que pourraient représenter des droits calculés sans aucun des trois dispositifs. C’est cet écart, souvent ignoré des dirigeants au moment où ils pensent à transmettre, qui justifie d’anticiper la structuration plutôt que de subir une transmission au fil de l’eau ou, pire, de renoncer à transmettre et de vendre l’entreprise à un tiers uniquement pour éviter la complexité.

Les étapes concrètes pour structurer la transmission

  1. Faire évaluer l’entreprise par un professionnel indépendant, condition de base pour asseoir les droits et éviter les contestations ultérieures entre héritiers.
  2. Vérifier ou instaurer l’engagement collectif de conservation au moins deux ans avant la transmission envisagée, ou s’assurer que les conditions de l’engagement réputé acquis sont remplies.
  3. Choisir la structure de transmission : donation-partage simple, avec démembrement, ou combinée à une holding de reprise selon le nombre d’enfants et leur implication réelle dans l’entreprise.
  4. Adapter les statuts de la société, en particulier les clauses de gouvernance si un démembrement est envisagé (limitation des droits de vote de l’usufruitier).
  5. Signer l’acte de donation ou de donation-partage chez un notaire, avec les engagements de conservation formalisés dans l’acte lui-même.
  6. Maintenir la fonction de direction par un signataire pendant toute la durée de l’engagement collectif et les 3 années suivant la transmission, et conserver les attestations annuelles que la société doit délivrer à l’administration fiscale sur demande.

Dans mon accompagnement à la création d’entreprise comme dans la structuration de holdings de reprise, je pars toujours de la situation familiale réelle avant de proposer un montage. Une plateforme automatisée peut générer des statuts génériques pour quelques dizaines d’euros, mais elle ne peut pas arbitrer entre deux enfants dont l’un reprend et l’autre non, ni adapter une clause de démembrement aux équilibres de pouvoir voulus. Un expert-comptable ou un avocat spécialisé facture ce travail entre 2 000 et 5 000 €, justifié pour les montages les plus complexes, mais souvent disproportionné pour une transmission familiale classique. À partir de 680 €, je structure la holding de reprise ou j’adapte les statuts de la société transmise à la situation réelle de votre famille.

Structurer une holding de transmission : les options

ServicePlateforme automatiséeJurixaExpert-comptable / Avocat
Création de la holding de reprise199-399 € + frais (formulaire type)à partir de 680 € + frais (~200 €), statuts adaptés au montage familial2 000-5 000 €
Adaptation des statuts pour le démembrementNon proposéIncluse dans l’accompagnement sur-mesureFacturée séparément
Accompagnement de la donation-partageNon proposé (relève du notaire)Coordination avec le notaireFacturée séparément

Questions fréquentes

Peut-on cumuler le pacte Dutreil et l’abattement de 100 000 € ?

Oui, les deux dispositifs se cumulent sans difficulté sur les mêmes titres. Le Dutreil réduit d’abord l’assiette taxable de 75 %, puis l’abattement de 100 000 € par parent et par enfant s’applique sur ce qui reste, avant calcul des droits selon le barème progressif en ligne directe.

Que se passe-t-il si l’entreprise est revendue avant la fin des 6 ans d’engagement individuel ?

L’exonération Dutreil tombe pour la part cédée, avec rappel des droits initialement exonérés et intérêts de retard. Certaines exceptions limitent ce risque : cession entre signataires du même engagement collectif, fusion, scission ou liquidation judiciaire de la société ne remettent pas en cause l’exonération dans les conditions prévues par l’article 787 B du CGI.

La holding familiale doit-elle être animatrice pour bénéficier du Dutreil ?

Oui si la transmission porte sur les titres de la holding elle-même. Une holding purement passive, qui se contente de détenir des participations sans les animer, n’est pas éligible au régime Dutreil. Seule une holding animatrice, qui participe activement à la conduite de son groupe et lui rend des services réels, entre dans le dispositif.

Faut-il obligatoirement passer par un notaire pour une donation-partage ?

Oui, la donation-partage est un acte notarié obligatoire, contrairement à un don manuel simple. Le notaire sécurise la répartition entre héritiers, calcule les droits dus et procède à l’enregistrement. C’est en amont, sur la structuration juridique de l’entreprise et de la holding éventuelle, que mon accompagnement intervient, en coordination avec le notaire qui rédige l’acte.

Le démembrement retarde-t-il l’exonération Dutreil ?

Non, l’exonération de 75 % s’applique dès la donation de la nue-propriété, à condition que les droits de vote de l’usufruitier soient statutairement limités aux décisions d’affectation des bénéfices. La condition porte sur la gouvernance, pas sur le calendrier de l’exonération elle-même.

En conclusion

Transmettre une entreprise familiale n’a rien d’une fatalité fiscale. Entre le pacte Dutreil, la donation-partage, le démembrement et la holding de reprise, les dirigeants disposent d’outils qui, combinés intelligemment, ramènent souvent la facture à une fraction de ce qu’elle serait sans préparation. Ce qui coûte cher, dans la plupart des dossiers que je vois, ce n’est pas la fiscalité elle-même, c’est le temps perdu à repousser la décision.

Si vous envisagez de transmettre votre entreprise à vos enfants, la première étape n’est ni notariale ni fiscale : c’est de clarifier qui reprend réellement, et à quelles conditions les autres héritiers seront traités équitablement. Une fois cette base posée, je peux structurer la holding ou adapter les statuts en conséquence, pour que le montage juridique serve le projet familial plutôt que l’inverse.

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Sandrine Chiorozas, experte en création d'entreprise

Sandrine Chiorozas

Experte en création d’entreprise — 15 ans d'expérience

Double compétence en droit des affaires et droit notarial, Sandrine accompagne les entrepreneurs dans toutes les étapes de la vie de leur société. Chaque article est rédigé avec rigueur et vérifié auprès des sources officielles.

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