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Freelance informatique : quel statut juridique en 2026

Sandrine Chiorozas · · 10 min de lecture
JURIXA.FR
Freelance IT · Statut 2026
Freelance informatique :
quel statut pour vos missions
Micro, EURL, SASU ou portage : le bon choix dépend de votre TJM et de vos charges réelles.
83 600 €
plafond de chiffre d'affaires en micro-entreprise pour une activité de prestations de services en 2026
Seuil micro services 2026
41 250 €
seuil de franchise de TVA pour les services, au-delà duquel vous facturez la TVA
Franchise TVA services 2026
31,4 %
de flat tax sur les dividendes d'une SASU ou d'une EURL à l'IS en 2026
Flat tax dividendes 2026
Micro-entreprise ou société pour un freelance IT
Micro-entreprise
  • Formalités et comptabilité allégées
  • Cotisations sur le CA encaissé
  • Pas de déduction des frais réels
  • Plafond de 83 600 €
Société (EURL, SASU)
  • Déduction des frais professionnels
  • Récupération de la TVA
  • Rémunération et dividendes pilotables
  • Aucun plafond de CA
JURIXA
Experte en création d’entreprise
Un TJM élevé et peu de charges appellent d'autres arbitrages qu'un démarrage prudent.
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Se lancer comme freelance informatique en 2026 pose une question centrale avant même la première mission : quel statut choisir ? Micro-entreprise, EURL, SASU ou portage salarial, chacun a ses règles, ses cotisations et sa protection sociale, et le bon choix dépend surtout de votre tarif journalier et de vos charges réelles. Un développeur qui démarre à mi-temps sur de petites missions n’a pas les mêmes besoins qu’un consultant en cybersécurité facturé 700 € la journée. Dans mon accompagnement à la création d’entreprise, je vois beaucoup de freelances IT choisir la micro par défaut, séduits par sa simplicité, puis découvrir un an plus tard qu’ils auraient gagné bien davantage en société. Mon objectif ici : vous donner une grille de décision claire, statut par statut, pour choisir celui qui colle à votre activité réelle et à vos ambitions.

À retenir avant de choisir votre statut
  • La prestation informatique relève des bénéfices non commerciaux (BNC), avec un abattement de 34 % pour l’impôt en micro-entreprise.
  • Le plafond micro est de 83 600 € de chiffre d’affaires en 2026, et la franchise de TVA s’arrête à 41 250 €.
  • La micro convient au démarrage et aux petites missions ; elle ne permet pas de déduire vos frais (matériel, logiciels, déplacements).
  • Dès que votre tarif journalier est élevé et vos charges réelles significatives, l’EURL ou la SASU deviennent souvent plus avantageuses.
  • Le portage salarial est une alternative sans création d’entreprise, qui offre le statut de salarié en échange de frais de gestion.

Freelance informatique : une prestation de services en BNC

Commençons par le cadre fiscal, car il s’applique à tous les statuts individuels. L’activité de freelance informatique, qu’il s’agisse de développement, d’intégration, d’administration système, de conseil ou de cybersécurité, est une prestation de services de nature intellectuelle. Elle relève des bénéfices non commerciaux (BNC), la catégorie des professions libérales.

En micro-entreprise, cela se traduit par un abattement forfaitaire de 34 % appliqué à votre chiffre d’affaires pour calculer votre impôt sur le revenu, censé représenter vos frais. Le plafond de chiffre d’affaires pour rester en micro est de 83 600 € par an en 2026 pour cette activité de services. Un dépassement une seule année est toléré ; c’est après deux années civiles consécutives au-dessus que vous quittez le régime.

Ce cadre BNC vaut pour la micro-entreprise et pour l’EURL à l’impôt sur le revenu. En société à l’impôt sur les sociétés (SASU, ou EURL ayant opté), la logique change : vous êtes imposé sur un bénéfice réel après déduction de vos charges, ce qui ouvre de vraies possibilités d’optimisation.

83 600 €
Plafond de chiffre d'affaires en micro-entreprise pour une prestation de services en 2026
service-public.fr, seuils micro 2026

Statut 1 : la micro-entreprise, pour démarrer simple

La micro-entreprise est le point d’entrée le plus courant pour un freelance IT. Formalités gratuites en ligne, comptabilité réduite à un livre des recettes, cotisations proportionnelles au chiffre d’affaires encaissé : c’est le régime idéal pour tester votre activité ou démarrer à côté d’un emploi.

Côté cotisations sociales, vous payez environ 25,6 % de votre chiffre d’affaires en 2026 pour une activité libérale relevant de la sécurité sociale des indépendants, hors contribution à la formation professionnelle. C’est simple, mais ce taux s’applique sur tout ce que vous encaissez, sans aucune déduction.

Et c’est là que le bât blesse pour un freelance IT bien équipé. Ordinateur puissant, écrans, licences logicielles, serveurs et hébergements, abonnements cloud, formations, coworking, déplacements chez le client : ces frais peuvent représenter une part réelle de votre activité. En micro, vous ne déduisez rien. Les 25,6 % de cotisations et l’abattement forfaitaire de 34 % pour l’impôt ne tiennent aucun compte de vos dépenses réelles.

La micro reste imbattable dans deux cas : quand vous démarrez et que votre chiffre d’affaires est encore incertain, et quand vos charges sont vraiment faibles, par exemple un développeur qui travaille sur son ordinateur personnel avec des outils gratuits. Dès que votre tarif journalier grimpe et que vous investissez, refaites le calcul. J’ai vu des freelances IT à 500 € la journée rester en micro par habitude et laisser plusieurs milliers d’euros sur la table chaque année.

Point de vigilance propre au métier : la franchise de TVA s’arrête à 41 250 € en 2026 pour les prestations de services. Or un freelance IT à temps plein dépasse vite ce seuil tout en restant sous le plafond micro de 83 600 €. Entre les deux, vous restez en micro-entreprise mais vous devez facturer la TVA. Comme vos clients sont le plus souvent des entreprises qui la récupèrent, ce n’est pas bloquant, mais cela change votre gestion et vos factures.

Statut 2 : l’EURL, pour déduire ses charges avec un régime TNS

Dès que vos charges deviennent significatives, la société s’impose dans la réflexion. L’EURL, entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée, est une première option. Vous êtes gérant associé unique, avec le statut de travailleur non salarié (TNS).

L’EURL est à l’impôt sur le revenu par défaut, mais vous pouvez opter pour l’impôt sur les sociétés. À l’IS, vous déduisez toutes vos charges réelles, vous ne payez l’impôt que sur le bénéfice après votre rémunération, et vous profitez du taux réduit d’IS de 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice, puis 25 %. Les cotisations sociales du gérant TNS sont plus modérées que celles d’un assimilé salarié, autour de 40 à 45 % de la rémunération nette, mais la couverture sociale est un peu moins étendue, notamment sur la retraite et la prévoyance.

L’EURL convient bien au freelance IT qui veut déduire ses frais, garder des cotisations maîtrisées, et qui ne prévoit pas de distribuer beaucoup de dividendes. À l’IS, les dividendes versés au gérant TNS au-delà de 10 % du capital sont soumis à cotisations sociales, ce qui limite l’intérêt de cette stratégie par rapport à la SASU.

Statut 3 : la SASU, pour la protection sociale et les dividendes

La SASU est le statut préféré de beaucoup de freelances IT à tarif élevé, et pour de bonnes raisons. Le président de SASU est assimilé salarié : il bénéficie d’une protection sociale proche de celle d’un cadre (maladie, retraite du régime général, prévoyance), à l’exception de l’assurance chômage. En contrepartie, les cotisations sur la rémunération sont plus lourdes, de l’ordre de 65 à 80 % du net.

Là où la SASU se distingue, c’est sur les dividendes. À l’impôt sur les sociétés, vous pouvez vous verser un salaire modéré et compléter par des dividendes, qui ne supportent pas de cotisations sociales, seulement la flat tax de 31,4 % en 2026. Cette combinaison rémunération plus dividendes permet, pour un bénéfice confortable, d’optimiser le coût social global. Vous déduisez par ailleurs toutes vos charges et profitez du taux réduit d’IS à 15 % jusqu’à 42 500 €.

Micro, EURL et SASU pour un freelance informatique

CritèreMicro-entrepriseEURL (IS)SASU
Régime social du dirigeantIndépendant (micro)TNSAssimilé salarié
Base des cotisationsCA encaissé (~25,6 %)Rémunération (~40-45 %)Rémunération (~65-80 %)
Déduction des charges réellesNonOuiOui
DividendesImpossiblesCotisés au-delà de 10 % du capitalFlat tax 31,4 %, sans cotisations
Protection socialeLimitéeCorrecte (TNS)Étendue (hors chômage)
Plafond de CA83 600 €AucunAucun

Statut 4 : le portage salarial, freelance sans créer d’entreprise

Il existe une voie à part, qui ne suppose aucune création d’entreprise : le portage salarial. Vous trouvez vos missions comme un freelance, mais vous les facturez via une société de portage qui vous salarie. Vous devenez salarié de cette société, avec un bulletin de paie, une couverture sociale complète et même l’accès à l’assurance chômage.

En échange, la société de portage prélève des frais de gestion, souvent entre 5 et 10 % de votre chiffre d’affaires, et les cotisations salariales et patronales s’appliquent comme pour tout salarié. Le portage est donc plus coûteux qu’une société bien optimisée, mais il vous décharge de toute gestion administrative et vous offre le confort du statut de salarié. C’est une bonne option pour tester le freelancing sans s’engager, ou pour un consultant qui privilégie la sécurité et la simplicité à l’optimisation. Je compare cette voie à la société dans mon guide sur le portage salarial ou la SASU.

Comment décider : la grille par tarif et par charges

Le bon statut se choisit sur deux axes : votre niveau de chiffre d’affaires et vos charges réelles. Voici comment je raisonne dans mon accompagnement.

Vous démarrez, votre chiffre d’affaires est incertain, vos charges sont faibles ? La micro-entreprise est parfaite, quitte à en changer plus tard. Vous facturez à temps plein, avec des frais professionnels réels et un tarif journalier confortable ? L’EURL ou la SASU vous font gagner de l’argent en déduisant vos charges. Vous visez une protection sociale solide et comptez distribuer des dividendes ? La SASU est taillée pour ça. Vous voulez la sécurité du salariat sans gérer d’entreprise ? Le portage salarial répond à ce besoin.

Ne choisissez pas votre statut sur la seule base des cotisations affichées. Un freelance IT compare souvent la micro (25,6 % du CA) à la SASU (65-80 % de la rémunération) et conclut hâtivement que la micro coûte moins cher. C’est une erreur de lecture : en SASU, les cotisations portent sur la rémunération que vous choisissez, pas sur tout le chiffre d’affaires, et le reste peut sortir en dividendes bien moins taxés. Le vrai comparatif se fait sur le coût social global à revenu net égal, en tenant compte de vos charges déductibles. Une simulation personnalisée est indispensable.

Chez Jurixa, je ne vous vends pas un statut standard. Je regarde votre tarif journalier, vos charges, votre besoin de protection sociale et vos projets, puis je vous oriente vers la forme la plus avantageuse. Je rédige ensuite des statuts sur-mesure pour votre création d’entreprise, avec un objet social couvrant précisément vos prestations informatiques.

Questions fréquentes

Un freelance informatique relève-t-il des BIC ou des BNC ?

Des BNC, les bénéfices non commerciaux, car la prestation informatique est une activité intellectuelle relevant des professions libérales. En micro-entreprise, l’abattement forfaitaire pour l’impôt est de 34 % du chiffre d’affaires, et le plafond est de 83 600 € en 2026.

Micro-entreprise ou SASU pour un développeur freelance ?

Cela dépend de votre tarif et de vos charges. La micro convient pour démarrer et pour les petites missions avec peu de frais. La SASU devient avantageuse dès que votre chiffre d’affaires est élevé, que vous avez des charges à déduire et que vous voulez une meilleure protection sociale et des dividendes faiblement taxés. Seule une simulation sur vos chiffres réels permet de trancher précisément.

Le président d’une SASU freelance a-t-il droit au chômage ?

Non, pas au titre de son mandat. Le président de SASU est assimilé salarié pour la protection sociale (maladie, retraite, prévoyance) mais il ne cotise pas à l’assurance chômage et n’ouvre donc pas de droits à ce titre. S’il souhaite une couverture chômage, il doit souscrire une assurance volontaire ou envisager le portage salarial.

Quelle différence entre freelance en société et portage salarial ?

En société (EURL, SASU), vous créez et gérez votre propre entreprise, avec plus d’optimisation possible mais des obligations administratives. En portage salarial, vous êtes salarié d’une société de portage qui facture vos missions et vous verse un salaire, sans création d’entreprise. Le portage offre le confort du salariat et l’assurance chômage, en échange de frais de gestion et d’un coût social plus élevé.

À partir de quel chiffre d’affaires quitter la micro-entreprise ?

Il n’existe pas de seuil unique. En pratique, dès que vous facturez à temps plein avec un bon tarif journalier et des charges réelles, souvent au-delà de 45 000 à 55 000 € de chiffre d’affaires, la société devient plus intéressante. Le franchissement du seuil de franchise de TVA à 41 250 € est aussi un bon moment pour refaire le calcul complet.

Mon conseil pour bien choisir votre statut

Se lancer comme freelance informatique, c’est d’abord choisir le bon cadre, et ce choix n’est pas figé. La micro-entreprise est un excellent tremplin pour démarrer sans risque et valider votre activité. Mais dès que votre tarif journalier grimpe et que vos charges deviennent réelles, rester en micro par habitude vous fait perdre de l’argent chaque année. L’EURL et la SASU permettent de déduire vos frais, de récupérer la TVA et d’optimiser votre coût social ; le portage, lui, offre la sécurité du salariat.

Dans mon accompagnement chez Jurixa, je pars toujours de vos chiffres réels avant de recommander un statut. Un freelance qui débute à mi-temps et un consultant à 700 € la journée n’ont pas les mêmes besoins, et il n’existe pas de réponse universelle. Le bon statut, c’est celui qui correspond à votre activité d’aujourd’hui, tout en préparant celle de demain. Faisons le calcul ensemble avant que vous ne signiez votre première mission.

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Sandrine Chiorozas, experte en création d'entreprise

Sandrine Chiorozas

Experte en création d’entreprise — 15 ans d'expérience

Double compétence en droit des affaires et droit notarial, Sandrine accompagne les entrepreneurs dans toutes les étapes de la vie de leur société. Chaque article est rédigé avec rigueur et vérifié auprès des sources officielles.

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