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Simulateur calcul plus-value cession d'actions 2026

Sandrine Chiorozas · · 10 min de lecture
Simulateur calcul plus-value cession d'actions - tableau de calcul fiscal

C’est une situation que je rencontre régulièrement dans mon cabinet : un dirigeant me contacte quelques semaines après avoir cédé ses actions, un peu déstabilisé, en me disant “Sandrine, j’ai signé l’acte de cession, mais je réalise que je n’ai aucune idée de ce que je vais devoir payer aux impôts.” La question est légitime — et souvent posée trop tard. Car l’optimisation fiscale d’une cession d’actions se prépare avant la signature, pas après.

Mon objectif aujourd’hui est de vous donner un outil de calcul clair, des exemples concrets et les clés pour choisir le régime fiscal le plus avantageux pour votre situation.


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Notre simulateur d’impôt sur la plus-value de cession d’actions

Avant d’entrer dans les détails techniques, voici un simulateur simplifié pour obtenir une première estimation. Il ne remplace pas une analyse personnalisée, mais il vous donnera une vision immédiate de votre charge fiscale potentielle.

Comment utiliser ce simulateur : Renseignez vos données dans les champs ci-dessous. Le calcul s’effectue automatiquement selon les deux régimes fiscaux disponibles (PFU et barème progressif), ce qui vous permet de les comparer directement.

Les données à préparer :

Simulateur interactif à intégrer ici — en attendant, les exemples chiffrés ci-dessous vous permettent de calculer manuellement votre situation.


Comment calculer la plus-value brute ? La formule expliquée

La plus-value brute, c’est simplement la différence entre ce que vous avez vendu et ce que vous avez payé. Mais le diable est dans les détails.

La formule de base :

Plus-value brute = Prix de cession − Prix d’acquisition

Déterminer le prix de cession (frais déductibles inclus)

Le prix de cession correspond au prix réel perçu lors de la vente de vos actions, tel que défini par impots.gouv.fr. Vous pouvez en déduire certains frais directement liés à la cession :

  • Les honoraires d’avocat ou de conseil liés à la rédaction de l’acte de cession
  • Les frais d’intermédiaire (courtage, commission d’agent)
  • Les impôts et taxes supportés par le vendeur à raison de la cession

Les frais de gestion courants (frais de tenue de compte, par exemple) ne sont en revanche pas déductibles du prix de cession. Je vois souvent cette confusion chez mes clients — ne mélangez pas les frais liés à la cession elle-même et les frais liés à la détention des titres.

Déterminer le prix d’acquisition (frais d’acquisition majorants)

Le prix d’acquisition est le montant que vous avez initialement payé pour acquérir vos titres. Bonne nouvelle : vous pouvez le majorer de certains frais pour réduire votre plus-value imposable :

  • Les frais d’acquisition (commissions, droits d’enregistrement)
  • Les honoraires versés lors de l’achat

Exemple simple : Vous avez acheté des actions 10 000 € avec 200 € de frais d’acquisition. Vous les revendez 25 000 € avec 300 € de frais de cession. Votre plus-value brute est de : 25 000 − 300 − (10 000 + 200) = 14 500 €.


PFU ou barème progressif : quel régime fiscal choisir ?

C’est la question centrale, et celle que l’on me pose le plus souvent. Depuis 2018, deux régimes coexistent pour l’imposition des plus-values mobilières.

L’option par défaut : le Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) ou “flat tax”

Le PFU — surnommé “flat tax” — est le régime qui s’applique automatiquement si vous ne faites rien. Il soumet votre plus-value à un taux global de 30 %, décomposé ainsi :

  • 12,8 % d’impôt sur le revenu
  • 17,2 % de prélèvements sociaux (CSG, CRDS)

Sa grande vertu : la simplicité. Peu importe vos autres revenus, votre taux est fixe.

L’option sur demande : le barème progressif de l’impôt sur le revenu

Vous pouvez opter pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu. Cette option est globale : elle s’applique alors à l’ensemble de vos revenus de capitaux mobiliers et plus-values de l’année, pas seulement à cette cession. Elle doit être exercée lors du dépôt de votre déclaration de revenus.

Sous ce régime, votre plus-value s’ajoute à vos autres revenus et est taxée selon votre tranche marginale (0 %, 11 %, 30 %, 41 % ou 45 %). Les prélèvements sociaux de 17,2 % s’appliquent également — mais avec une subtilité importante : une fraction de la CSG (6,8 %) devient déductible de votre revenu imposable l’année suivante.

Le conseil de Jurixa : quand opter pour le barème ?

Dans ma pratique, l’option pour le barème progressif est intéressante dans deux cas principaux :

  1. Votre TMI est inférieure à 30 % — Si vous êtes dans les tranches à 0 % ou 11 %, le barème vous coûtera moins que la flat tax à 12,8 %.
  2. Vous détenez des titres anciens éligibles aux abattements pour durée de détention (voir section suivante) — ces abattements ne s’appliquent qu’en cas d’option pour le barème.

Je préviens toujours mes clients que cette option est irrévocable pour l’année concernée. Il faut donc comparer les deux régimes avant de cocher la case.

PFU vs Barème progressif : comparaison complète

CritèrePFU (Flat Tax)Barème progressif
Taux IR12,8 % fixeSelon TMI (0 % à 45 %)
Prélèvements sociaux17,2 %17,2 %
Taux global minimum30 %17,2 % (si TMI à 0 %)
Abattements durée de détention❌ Non applicable✅ Applicable (titres pré-2018)
CSG déductible❌ Non✅ Oui (6,8 %)
Simplicité✅ Très simple⚠️ Plus complexe
Intérêt principalTMI ≥ 30 %TMI < 30 % ou titres anciens

Le cas particulier des abattements pour durée de détention

50 à 65%
d'abattement possible sur les titres détenus plus de 8 ans (régime renforcé)
impots.gouv.fr

Qui peut encore en bénéficier ? (Titres acquis avant 2018)

C’est un point que beaucoup ignorent, et c’est l’une des erreurs les plus coûteuses que je constate. Les abattements pour durée de détention ne s’appliquent plus aux titres acquis à compter du 1er janvier 2018. Ils restent en revanche accessibles pour les titres acquis avant cette date, à condition d’opter pour le barème progressif.

Les différents taux d’abattement

Régime général (titres acquis avant 2018) :

  • Moins de 2 ans de détention : 0 %
  • Entre 2 et 8 ans : 50 %
  • Plus de 8 ans : 65 %

Régime renforcé (PME de moins de 10 ans à la date d’acquisition, sous conditions) :

  • Moins d’1 an : 0 %
  • Entre 1 et 4 ans : 50 %
  • Entre 4 et 8 ans : 65 %
  • Plus de 8 ans : 85 %

Ces abattements s’appliquent uniquement à la base imposable à l’IR — les prélèvements sociaux de 17,2 % restent calculés sur la plus-value brute.


N’oubliez pas les prélèvements sociaux (17,2 %)

Quel que soit le régime choisi, les prélèvements sociaux s’appliquent à votre plus-value. Leur taux global est de 17,2 %, composé notamment de la CSG (9,2 %), de la CRDS (0,5 %) et d’autres contributions.

Comment est calculée la CSG déductible en cas d’option au barème ?

C’est la subtilité que l’on oublie souvent de mentionner. En cas d’option pour le barème progressif, une fraction de la CSG — soit 6,8 % — est déductible de votre revenu global l’année suivante. Concrètement, si votre plus-value est de 20 000 €, vous pourrez déduire 20 000 × 6,8 % = 1 360 € de votre revenu imposable l’année d’après. Ce n’est pas négligeable sur des montants importants.

Cette déductibilité de la CSG ne s’applique pas en cas d’imposition au PFU. C’est l’un des avantages “cachés” du barème progressif, qui peut faire pencher la balance dans certains cas.


Exemples concrets : calcul de votre impôt selon 3 scénarios

Scénario 1 : Cession avec PFU (le cas le plus simple)

Situation : Marie cède des actions achetées en 2021 pour 8 000 € (frais inclus). Elle les revend 23 000 € (net de frais). Sa TMI est de 30 %.

  • Plus-value brute : 23 000 − 8 000 = 15 000 €
  • PFU à 30 % : 15 000 × 30 % = 4 500 €

Avec le barème (TMI 30 % + 17,2 % PS) : 15 000 × (30 % + 17,2 %) = 7 080 € — moins la CSG déductible de 15 000 × 6,8 % × 30 % = 306 €, soit environ 6 774 € nets.

Conclusion : Le PFU est nettement plus avantageux pour Marie.


Scénario 2 : Cession de titres anciens avec option au barème (optimisation)

Situation : Thomas a acquis des actions en 2013. Il les cède en 2026 avec une plus-value brute de 40 000 €. Sa TMI est de 11 %.

Avec le PFU :

  • 40 000 × 30 % = 12 000 €

Avec le barème progressif (titres détenus plus de 8 ans → abattement 65 %) :

  • Base imposable IR : 40 000 × (1 − 65 %) = 14 000 €
  • IR : 14 000 × 11 % = 1 540 €
  • Prélèvements sociaux (sur la PV brute) : 40 000 × 17,2 % = 6 880 €
  • Total brut : 8 420 €
  • Moins CSG déductible l’année suivante : 40 000 × 6,8 % × 11 % = 299 €
  • Total net environ : 8 121 €

Conclusion : Thomas économise environ 3 900 € grâce à l’option pour le barème. C’est exactement le type de situation où je recommande à mes clients de ne pas se contenter de l’option par défaut.


Scénario 3 : Cession avec une moins-value antérieure à imputer

Situation : Sophie réalise une plus-value de 18 000 € sur la cession de ses actions. Elle dispose d’une moins-value reportable de 5 000 € issue d’une cession de l’année précédente.

Les moins-values mobilières sont imputables sur les plus-values de même nature réalisées au cours de la même année ou des 10 années suivantes. C’est un levier d’optimisation à ne jamais négliger.

  • Plus-value nette imposable : 18 000 − 5 000 = 13 000 €
  • Avec PFU : 13 000 × 30 % = 3 900 € (au lieu de 5 400 € sans imputation)

Conclusion : L’imputation de la moins-value permet à Sophie d’économiser 1 500 € d’imposition.


Comment déclarer votre plus-value de cession de titres ?

1

Rassemblez vos justificatifs

Réunissez l’acte de cession, les justificatifs d’acquisition (prix, frais), et les éventuels relevés de moins-values antérieures.

2

Remplissez le formulaire 2074

C’est l’annexe dédiée aux plus-values de cession de valeurs mobilières. Elle détaille le calcul titre par titre.

3

Reportez sur la déclaration 2042 C

Les totaux issus du formulaire 2074 sont à reporter dans la déclaration complémentaire 2042 C, rubrique “Plus-values et gains divers”.

4

Exercez l’option barème si pertinent

Si vous choisissez le barème progressif, cochez la case dédiée sur votre déclaration. Cette option est irrévocable pour l’année.

Le formulaire 2074 : l’annexe indispensable (et les cas de dispense)

Selon impots.gouv.fr, vous devez en principe remplir le formulaire n°2074 si vous avez réalisé des plus-values de cession de valeurs mobilières. Certains cas de dispense existent, notamment lorsque votre intermédiaire financier (banque, courtier) a déjà effectué les calculs et vous a fourni un IFU (Imprimé Fiscal Unique) complet — mais je conseille toujours à mes clients de vérifier les montants plutôt que de s’y fier aveuglément.

Reporter le montant sur votre déclaration 2042 C

Les totaux obtenus via le formulaire 2074 sont à reporter dans la déclaration 2042 C, case 3VG (plus-values imposables). Si vous optez pour le barème, vous reportez en case 3VZ.


Questions fréquentes sur la fiscalité des plus-values mobilières

Quelle est la différence entre le PFU (flat tax) et l’option pour le barème progressif ?

Le PFU est un taux fixe de 30 % (12,8 % d’IR + 17,2 % de prélèvements sociaux) qui s’applique automatiquement, sans tenir compte de vos autres revenus. Le barème progressif intègre votre plus-value dans votre revenu global et l’impose selon vos tranches marginales. Il est avantageux si votre TMI est inférieure à 30 % ou si vous détenez des titres anciens avec abattement.

Puis-je encore bénéficier des abattements pour durée de détention ?

Oui, mais uniquement pour des titres acquis avant le 1er janvier 2018, et à condition d’opter pour le barème progressif. Les titres acquis depuis 2018 ne bénéficient plus de ces abattements.

Comment déclarer ma plus-value de cession d’actions aux impôts ?

Vous remplissez le formulaire n°2074 (annexe de calcul), puis vous reportez les totaux sur votre déclaration annuelle 2042 C. Si votre intermédiaire financier vous a fourni un IFU avec tous les éléments, certains cas de dispense du 2074 existent — mais vérifiez toujours les montants.

Les frais liés à la cession (honoraires d’avocat, de juriste) sont-ils déductibles ?

Oui. Les frais directement liés à la cession — honoraires d’avocat, frais de conseil, commissions d’intermédiaire — sont déductibles du prix de cession. Ils viennent donc réduire votre plus-value brute imposable. Conservez impérativement toutes vos factures.

Quelle différence entre la plus-value sur actions (SAS) et parts sociales (SARL) ?

Sur le plan fiscal, le régime d’imposition est identique : PFU à 30 % ou option barème. La différence est davantage juridique et pratique : les actions de SAS sont librement cessibles (sauf clause d’agrément dans les statuts), tandis que les parts de SARL sont soumises à un agrément des associés par défaut. En pratique, cela peut influencer la négociation et le calendrier de la cession — ce que j’explique toujours à mes clients avant qu’ils choisissent leur structure.


Anticipez votre cession : le bon moment pour consulter

Ce que je constate dans ma pratique, c’est que les dirigeants qui obtiennent les meilleures conditions fiscales sont ceux qui ont anticipé leur cession de plusieurs mois, voire plusieurs années. Restructuration préalable, choix du régime fiscal, timing de la cession par rapport aux autres revenus de l’année : autant de leviers qui ne s’actionnent pas le jour de la signature.

Si vous envisagez de céder vos titres — que ce soit dans le cadre d’une transmission, d’une sortie d’associé ou d’une vente à un tiers — je vous invite à prendre rendez-vous pour un audit de votre situation. Et si vous êtes en phase de création, sachez que la structuration juridique initiale (choix de la forme sociale, répartition du capital) a des conséquences directes sur votre fiscalité le jour où vous céderez.

Chez Jurixa, chaque accompagnement est personnalisé : je rédige vos statuts sur-mesure, je gère l’ensemble des formalités (annonce légale, dépôt au greffe, déclaration des bénéficiaires effectifs) et vous obtenez votre Kbis sans avoir à courir après les administrations. Ce n’est pas un formulaire en ligne — c’est une juriste qui répond à vos questions et connaît votre dossier.

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Sandrine Chiorozas, experte en création d'entreprise

Sandrine Chiorozas

Diplômée notaire et droit des affaires — 20 ans d'expérience

Double compétence en droit des affaires et droit notarial, Sandrine accompagne les entrepreneurs dans toutes les étapes de la vie de leur société. Chaque article est rédigé avec rigueur et vérifié auprès des sources officielles.

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