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Statuts juridiques

Vente SCI : céder les parts ou vendre l'immeuble (guide)

Sandrine Chiorozas · · 11 min de lecture
Vente de SCI - guide juridique complet

Vous détenez des parts dans une SCI et vous souhaitez en sortir ? Deux voies principales s’offrent à vous : céder vos parts sociales à un tiers ou vendre l’immeuble détenu par la société (puis éventuellement la dissoudre). Ces deux options ne produisent pas les mêmes effets juridiques ni fiscaux. Je vous détaille ici les mécanismes, les coûts et les pièges à éviter pour chaque scénario.

Vente de SCI : deux options bien distinctes

Quand on parle de “vente de SCI”, on mélange souvent deux réalités très différentes. La première consiste à céder tout ou partie de vos parts sociales à un acquéreur. La seconde consiste à vendre le bien immobilier détenu par la SCI, récupérer le prix de vente, puis dissoudre la société si elle n’a plus de raison d’exister.

Le choix entre ces deux voies dépend de votre situation : souhaitez-vous sortir de la SCI tout en la maintenant en vie ? Voulez-vous liquider définitivement la structure ? L’acquéreur préfère-t-il acheter un bien ou des parts sociales ?

Conseil pratique

Avant de vous engager dans l'une ou l'autre voie, faites établir une évaluation précise de la valeur des parts et de l'immeuble. Les bases de calcul de la plus-value diffèrent selon le scénario choisi, et un mauvais choix peut coûter plusieurs milliers d'euros de fiscalité supplémentaire.

Option 1 : la cession de parts sociales de SCI

Comment ça fonctionne

La cession de parts consiste à transférer vos droits dans la société à un acquéreur (associé existant, membre de la famille ou tiers). La SCI continue d’exister avec les mêmes actifs immobiliers. Seule la composition de l’actionnariat change.

Cette option est souvent privilégiée lorsque l’acquéreur souhaite récupérer la structure juridique avec le bien immobilier à l’intérieur, par exemple pour conserver un financement en cours ou bénéficier de l’historique fiscal de la société.

Les étapes de la cession

1. Obtenir l’agrément des associés. Sauf clause contraire dans les statuts, la cession de parts de SCI à un tiers étranger à la société nécessite l’accord unanime des associés (article 1861 du Code civil). Pour les cessions entre associés, les statuts peuvent prévoir des règles plus souples.

2. Déterminer le prix de cession. Le prix est librement fixé entre les parties. Il s’appuie généralement sur la valeur nette de l’actif de la société (valeur de l’immeuble diminuée des dettes), rapportée au nombre de parts cédées. Un expert immobilier peut intervenir pour objectiver la valeur.

3. Rédiger l’acte de cession. L’acte peut être rédigé sous seing privé ou devant notaire. Il doit mentionner l’identité des parties, le nombre de parts cédées, le prix, les conditions de paiement et la clause d’agrément.

4. Enregistrer l’acte. L’acte de cession doit être enregistré auprès du Service des impôts des entreprises (SIE) dans le délai d’un mois suivant sa signature. C’est à cette occasion que les droits d’enregistrement sont acquittés.

5. Mettre à jour les registres. La cession doit être notifiée à la société (signification par huissier ou acceptation dans un acte authentique). Les statuts sont ensuite modifiés et le registre des mouvements de titres mis à jour.

5 %
Taux des droits d'enregistrement sur la cession de parts de SCI à prépondérance immobilière
Source : article 726 du Code général des impôts

Fiscalité de la cession de parts

Droits d’enregistrement

Le cessionnaire (l’acheteur) supporte des droits d’enregistrement de 5 % du prix de cession pour les SCI à prépondérance immobilière. Ce taux s’applique dès lors que plus de la moitié de l’actif de la société est constituée d’immeubles non affectés à une exploitation professionnelle, ce qui est le cas de la grande majorité des SCI familiales ou patrimoniales.

Le montant minimum des droits s’élève à 25 euros. L’acte de cession peut prévoir que les droits sont partagés entre vendeur et acquéreur, mais en pratique c’est presque toujours l’acquéreur qui les prend en charge.

Plus-value du cédant (SCI à l’IR)

Si votre SCI relève de l’impôt sur le revenu (régime de droit commun), la plus-value sur la cession de vos parts est imposée selon le régime des plus-values immobilières des particuliers. Concrètement :

  • Impôt sur le revenu : 19 % sur la plus-value nette
  • Prélèvements sociaux : 17,2 %
  • Surtaxe : de 2 % à 6 % si la plus-value nette dépasse 50 000 euros

Vous bénéficiez d’abattements progressifs pour durée de détention, calculés à partir de la date d’acquisition de vos parts (et non de la date d’acquisition de l’immeuble par la SCI).

Base juridique

L'imposition des plus-values de cession de parts de SCI à l'IR suit le régime des articles 150 U et suivants du Code général des impôts. La déclaration se fait via le formulaire 2048-M, à déposer dans le mois suivant la cession auprès du service de la publicité foncière compétent (source : impots.gouv.fr).

Abattements pour durée de détention

Les abattements s’appliquent de manière différenciée pour l’IR et les prélèvements sociaux :

Pour l’impôt sur le revenu (exonération totale au bout de 22 ans) :

  • 0 à 5 ans : aucun abattement
  • 6e à 21e année : 6 % par an
  • 22e année : 4 %

Pour les prélèvements sociaux (exonération totale au bout de 30 ans) :

  • 0 à 5 ans : aucun abattement
  • 6e à 21e année : 1,65 % par an
  • 22e année : 1,60 %
  • 23e à 30e année : 9 % par an
22 ans
Durée de détention pour une exonération totale d'impôt sur le revenu sur la plus-value de cession
Source : article 150 VC du CGI

Plus-value du cédant (SCI à l’IS)

Si votre SCI a opté pour l’impôt sur les sociétés, le régime est différent. La plus-value est calculée en déduisant la valeur nominale des parts (et non la valeur d’acquisition réévaluée). Elle est ensuite imposée au titre des revenus de capitaux mobiliers, soit au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 %, soit au barème progressif de l’IR après abattement de 40 %.

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Sandrine Chiorozas, experte en création d'entreprise

Sandrine Chiorozas

Diplômée notaire et droit des affaires — 20 ans d'expérience

Double compétence en droit des affaires et droit notarial, Sandrine accompagne les entrepreneurs dans toutes les étapes de la vie de leur société. Chaque article est rédigé avec rigueur et vérifié auprès des sources officielles.

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