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Statuts juridiques

Exemple de statuts SARL : modèle commenté article par article 2026

Sandrine Chiorozas · · 12 min de lecture
Illustration statuts SARL : document signé, plume, articles numérotés, sceau

J’ai relu plus de 200 modèles de statuts SARL piochés en ligne par mes clients avant de les corriger. Le constat est toujours le même : ces modèles “gratuits” sont juridiquement valides au minimum syndical, mais ils oublient systématiquement les clauses qui font la différence en cas de conflit, de divorce, de décès, de cession ou de difficulté financière. Une bonne moitié des contentieux que je vois en cabinet trouve son origine dans des statuts trop minimalistes signés cinq ans plus tôt.

Voici ce que doit contenir un statut de SARL en 2026, article par article. Pas un copier-coller à signer aveuglément, mais un guide pour comprendre ce qui doit y figurer et pourquoi.

Le cadre juridique des statuts de SARL

Les statuts de SARL sont régis par les articles L223-1 et suivants du Code de commerce. Ils doivent obligatoirement contenir un certain nombre de mentions, et peuvent être enrichis de clauses facultatives qui adaptent la société aux besoins concrets des associés.

Un statut SARL bien rédigé fait entre 15 et 25 pages. Un statut copié-collé d’un modèle gratuit fait souvent 6 à 8 pages, et c’est largement insuffisant.

Forme et signature

Les statuts doivent être :

  • Établis par acte sous seing privé (acte signé entre associés sans notaire) ou par acte authentique (notaire, obligatoire si apport d’immeuble)
  • Signés et paraphés sur chaque page par tous les associés
  • Établis en autant d’exemplaires que d’associés, plus un original pour la société, plus un pour le greffe

Sans signature de tous les associés, les statuts sont nuls.

Pour une SARL classique sans apport immobilier, l’acte sous seing privé suffit. La signature peut se faire de manière manuscrite ou par signature électronique qualifiée. La signature électronique standard (DocuSign, Yousign) est aujourd’hui largement admise par les greffes.

Les mentions obligatoires : la check-list

Voici les éléments que tout statut SARL doit contenir. L’omission de l’un d’entre eux peut faire rejeter le dossier au greffe ou ouvrir la voie à une nullité.

Article 1 — Forme

Mention de la forme juridique (SARL ou EURL si associé unique). Référence aux articles L223-1 et suivants du Code de commerce comme cadre légal.

Article 2 — Dénomination sociale

Le nom de la société, suivi obligatoirement de la mention “Société à responsabilité limitée” ou “SARL”. Vérifier au préalable la disponibilité du nom sur le site de l’INPI (recherche d’antériorité).

Article 3 — Objet social

C’est l’article le plus stratégique. Il définit les activités que la SARL pourra exercer. Trop restrictif, vous serez bloqué pour faire évoluer l’activité. Trop large, vous risquez de perdre la protection face à des opérations non couvertes. Je conseille toujours une formulation précise mais flexible, avec une clause finale “et toutes activités connexes ou complémentaires”.

Article 4 — Siège social

L’adresse exacte du siège. Domiciliation possible chez le gérant (avec autorisation du bail si locataire), au domicile du dirigeant pour 5 ans maximum (article L123-11-1 du Code de commerce), dans une société de domiciliation, ou dans des locaux propres.

Article 5 — Durée

Maximum 99 ans, renouvelable une seule fois. Par défaut, je préconise 99 ans pour ne pas avoir à se préoccuper du renouvellement.

Article 6 — Apports

Détail précis de chaque apport : numéraire (montant exact), nature (description et valeur), industrie (nature de la prestation et durée). Si apport en nature avec valeur supérieure aux seuils légaux, mention du commissaire aux apports.

Article 7 — Capital social

Montant du capital, divisé en parts sociales avec valeur nominale identique. Pas de minimum légal, mais je conseille au moins 1 000 € pour la crédibilité bancaire et fournisseurs.

Article 8 — Répartition des parts sociales

Tableau précis associé par associé, avec nombre de parts attribuées et numérotation des parts. Total qui correspond au capital social.

20 %
Pourcentage minimum des apports en numéraire à libérer à la création
Article L223-7 du Code de commerce

Les clauses sur la libération du capital

Article essentiel souvent traité à la légère.

Article 9 — Libération des apports

L’article L223-7 du Code de commerce impose que 20 % minimum des apports en numéraire soient libérés à la constitution. Le solde doit être libéré dans un délai maximum de 5 ans.

Les apports en nature, eux, doivent être libérés intégralement et immédiatement à la création.

Article 10 — Modification du capital

Modalités d’augmentation ou de réduction de capital, organe compétent, majorité requise. Pour ajouter une clause de variabilité, c’est aussi ici que ça se joue.

Les clauses sur la gérance

C’est le cœur de la gouvernance. Mal rédigées, elles génèrent les conflits les plus durables.

Article 11 — Désignation du gérant

Identité du ou des gérants, durée du mandat, mode de désignation pour les renouvellements. Le gérant peut être associé ou non. Il peut être unique ou pluriel.

Article 12 — Pouvoirs du gérant

Étendue des pouvoirs : pouvoirs étendus dans la limite de l’objet social, ou pouvoirs limités avec autorisation préalable de l’assemblée pour certaines opérations (achat ou vente d’immobilier, emprunt au-delà d’un seuil, embauche de cadre supérieur).

C’est ici qu’on plafonne les actes engageant la société au-delà d’un certain montant. Sans ce plafond, le gérant peut tout faire seul, y compris contracter un prêt de 500 000 € sans informer les autres associés.

Article 13 — Rémunération du gérant

Modalités de fixation : décision collective des associés, fréquence de révision, accessoires (avantages en nature, voiture, mutuelle).

Article 14 — Révocation du gérant

Modalités de révocation pour juste motif (article L223-25 du Code de commerce). Délai de préavis éventuel, majorité requise, indemnités prévues.

Inscrivez systématiquement dans vos statuts le pouvoir des associés représentant plus du quart du capital de convoquer eux-mêmes une assemblée pour révoquer le gérant. Sans cette clause, seul le gérant peut convoquer l’assemblée, ce qui rend sa révocation très difficile en pratique. C’est l’oubli le plus coûteux que je vois.

Les clauses sur les parts sociales

C’est le sujet qui déclenche le plus de contentieux familiaux.

Article 15 — Cession des parts entre associés

Par défaut, libre. Les statuts peuvent imposer une procédure d’agrément (rare en SARL entre associés, mais possible).

Article 16 — Cession des parts à des tiers

Obligatoirement soumise à l’agrément des associés représentant au moins la majorité des parts sociales (article L223-14 du Code de commerce). Vous pouvez durcir cette condition à l’unanimité dans les statuts.

Article 17 — Cession aux conjoints, ascendants, descendants

Sans clause spécifique, libre cessibilité aux membres de la famille. Pour bloquer ces cessions, prévoyez expressément l’agrément des autres associés. C’est crucial pour les SARL à l’équilibre fragile entre branches familiales.

Article 18 — Procédure d’agrément

Délai pour répondre à la demande, organe compétent, conséquences du refus (rachat par les associés, par la société, ou par un tiers désigné), méthode d’évaluation des parts en cas de désaccord.

Article 19 — Décès d’un associé

Que deviennent les parts au décès ? Transmission libre aux héritiers ? Soumise à agrément ? Rachat obligatoire par les associés survivants ? Cette clause peut éviter de se retrouver associé avec la nouvelle compagne d’un coassocié décédé.

Les clauses sur les assemblées

Article 20 — Convocation des assemblées

Mode de convocation (lettre recommandée, email confirmé, signature électronique), délai minimum (15 jours pour les assemblées ordinaires, 21 jours pour les extraordinaires), ordre du jour précis.

Article 21 — Tenue des assemblées

Lieu, présidence, secrétariat, feuille de présence, vote (à main levée, secret, par correspondance, par voie électronique). Possibilité d’assemblée à distance ou par consultation écrite.

Article 22 — Décisions ordinaires

Approbation des comptes annuels, affectation du résultat, nomination du gérant. Majorité requise : plus de la moitié des parts sociales (en première convocation), majorité des votes émis (en seconde convocation).

Article 23 — Décisions extraordinaires

Modification des statuts, augmentation/réduction du capital, prorogation de la société, dissolution. Majorité requise : trois quarts des parts sociales depuis la loi du 2 août 2005 (deux tiers pour les SARL constituées avant cette date).

Les clauses sur le résultat

Article 24 — Affectation du résultat

Règles de calcul du bénéfice distribuable, réserve légale obligatoire (5 % du bénéfice jusqu’à 10 % du capital), réserves statutaires éventuelles.

Article 25 — Distribution des dividendes

Modalités de mise en distribution (assemblée annuelle ou extraordinaire), date de paiement, intérêts courus.

Article 26 — Acomptes sur dividendes

Possibilité de verser des acomptes en cours d’exercice, conditions, organe compétent.

Les clauses de fin de vie

Article 27 — Dissolution

Causes de dissolution (arrivée du terme, décision des associés, perte des capitaux propres, etc.), procédure.

Article 28 — Liquidation

Désignation du liquidateur, pouvoirs, méthode de partage, sort des éventuels apports en industrie.

Article 29 — Contestations

Tribunal compétent, médiation préalable éventuelle, arbitrage le cas échéant.

Les clauses qui font la différence

Voici les clauses non obligatoires que je recommande d’ajouter pour solidifier les statuts.

Clause de préemption

Si un associé veut céder ses parts, les autres associés ont un droit de priorité pour les racheter. Évite l’arrivée de tiers indésirables.

Clause d’inaliénabilité

Interdit la cession des parts pendant une durée maximum de 10 ans (article L227-13 du Code de commerce, applicable par analogie en SARL). Utile pour stabiliser les premières années.

Clause d’exclusion

Permet d’exclure un associé en cas de manquement grave. À encadrer strictement avec procédure contradictoire.

Clause de continuation en cas de décès

En cas de décès d’un associé, la SARL continue avec les associés survivants (option) ou avec les héritiers (option). Important pour l’avenir.

Clause de buy-or-sell

En cas de blocage entre deux associés à 50/50, l’un peut proposer un prix à l’autre, qui doit soit racheter à ce prix, soit céder à ce prix. Permet de débloquer les situations sans contentieux.

Statuts minimalistes vs statuts professionnels SARL

CritèreStatuts copiés en ligneStatuts sur-mesure
Nombre de pages6 à 1015 à 25
Mentions obligatoiresOuiOui
Clauses de préemption / agrément étenduRarementSystématiquement
Pouvoirs gérant calibrésPouvoirs étendus standardsPlafonds par opération
Convocation par associés minoritairesNonSouvent
Clauses successoralesGénériquesSur-mesure
Mécanisme buy-or-sellNonPossible
CoûtGratuit500 à 1 500 €
Coût d’un contentieux ultérieur30 à 100 K€Évité

Combien coûte la rédaction de statuts SARL professionnels

Chez Jurixa, je rédige les statuts SARL à partir de 500 €. Le tarif comprend la rédaction sur-mesure de tous les articles selon votre projet (objet social précis, capital calibré, pouvoirs gérant adaptés, clauses successorales, agrément étendu, préemption), le dossier complet pour le guichet unique INPI, l’annonce légale, et le suivi du dossier au greffe.

Frais externes :

  • Annonce légale : environ 190 €
  • Greffe : environ 70 €

Pour les SARL avec apport en nature ou montages complexes (SARL de famille, SARL holding, SARL à associé multiple avec branches familiales différentes), le tarif évolue selon la complexité. Contactez-moi directement : chez Jurixa, je rédige chaque statut en partant de votre projet réel et de vos relations entre associés, pas d’un modèle générique.

Questions fréquentes sur les statuts SARL

Peut-on modifier les statuts après la création

Oui, mais c’est une modification statutaire formelle qui suppose : décision collective des associés en assemblée extraordinaire, rédaction d’un acte modificatif, publication d’une annonce légale, dépôt au greffe via le guichet unique INPI. Coût total environ 600 à 900 €.

Les statuts doivent-ils être déposés au greffe

Oui, les statuts originaux signés par tous les associés doivent être déposés au greffe lors de l’immatriculation. Ils sont consultables ensuite par toute personne qui en fait la demande. Pour confidentialité de certaines clauses, on peut les renvoyer dans un pacte d’associés annexe (non publié).

Quelle différence entre statuts et règlement intérieur

Les statuts sont le contrat fondateur de la société, opposable aux tiers et déposé au greffe. Le règlement intérieur est un document interne qui complète les statuts pour les détails de fonctionnement (gestion des assemblées, calendrier, procédures). Optionnel en SARL.

Faut-il un avocat pour rédiger les statuts SARL

Pas légalement, mais c’est fortement conseillé. Une plateforme en ligne génère un modèle standard à 200-300 €. Un juriste rédige sur-mesure à 500 € chez Jurixa. La différence se voit en cas de conflit ou de cession.

Les statuts d’une SARL doivent-ils être enregistrés aux impôts

Depuis 2019, les statuts ne sont plus soumis à enregistrement obligatoire à l’administration fiscale, sauf cas particuliers (apport d’immeuble, apport de fonds de commerce). Le dépôt au greffe suffit.

Combien de temps prend la rédaction de statuts SARL professionnels

Comptez 5 à 10 jours ouvrés pour un dossier standard, avec 2 ou 3 itérations entre le juriste et les associés. Pour un dossier urgent, on peut descendre à 48 heures. Avec un dossier complexe (multiples associés, montages familiaux), prévoir 2 à 3 semaines.

En résumé

Les statuts d’une SARL ne sont pas un formulaire administratif. C’est le contrat fondateur qui régit pour 99 ans les relations entre associés, le rôle du gérant, les modalités de cession, la gestion des conflits. Une heure perdue à les rédiger correctement vaut mieux que mille heures à régler les contentieux qu’ils auraient évités.

Si vous créez une SARL, ne signez pas un modèle générique sans le faire relire par un professionnel. Si votre SARL existe déjà avec des statuts copiés en ligne, faites-les auditer. La régularisation amiable est toujours moins coûteuse qu’un contentieux entre associés cinq ans plus tard.

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Sandrine Chiorozas, experte en création d'entreprise

Sandrine Chiorozas

Diplômée notaire et droit des affaires — 15 ans d'expérience

Double compétence en droit des affaires et droit notarial, Sandrine accompagne les entrepreneurs dans toutes les étapes de la vie de leur société. Chaque article est rédigé avec rigueur et vérifié auprès des sources officielles.

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