Création d'entreprise
Gestion & contrats
Conseil & protection
Outils
Tarifs Expertise
Créer mon entreprise Demander un devis
Créer son entreprise

Ouvrir un gîte en 2026 : déclaration, statut et fiscalité

Sandrine Chiorozas · · 11 min de lecture
JURIXA.FR
Hébergement touristique · créer sa structure
Ouvrir un gîte :
le classement change tout
Déclaration, statut, impôts : les bons choix avant la première réservation.
15 000 €
plafond micro-BIC d'un gîte non classé, avec seulement 30 % d'abattement
recettes 2026 · CGI art. 50-0
83 600 €
plafond micro-BIC d'un gîte classé en meublé de tourisme, abattement de 50 %
recettes 2026 · CGI art. 50-0
23 000 €
de recettes annuelles : au-delà, cotisations sociales dues sur l'activité
seuil LMP · CGI art. 155
Gîte non classé ou classé, en clair
Non classé
  • Micro-BIC limité à 15 000 €
  • Abattement forfaitaire de 30 %
  • Aucune visite de contrôle
Classé (1 à 5 étoiles)
  • Micro-BIC jusqu'à 83 600 €
  • Abattement forfaitaire de 50 %
  • Visite payante, valable 5 ans
JURIXA
Experte en création d’entreprise
La bonne structure pour votre gîte, dès le départ.
Structurer mon projet de gîte, devis →
jurixa.fr

Pour ouvrir un gîte en 2026, trois démarches sont obligatoires : déclarer votre meublé de tourisme (en mairie, puis sur le téléservice national dès son ouverture), immatriculer votre activité au guichet unique pour obtenir un numéro SIRET, et choisir un régime fiscal. Ce dernier point pèse lourd, car un gîte non classé est limité au micro-BIC à 15 000 € de recettes, contre 83 600 € pour un gîte classé en étoiles. Dans mon accompagnement, je rencontre beaucoup de propriétaires qui ont monté leur budget travaux au centime près mais qui découvrent ce seuil de 15 000 € après leur première saison complète. Mon objectif ici : vous donner, dans l’ordre, les décisions qui conditionnent la rentabilité de votre gîte avant même la première réservation.

L'essentiel sur l'ouverture d'un gîte
  • Un gîte n’a pas de définition légale : c’est un meublé de tourisme, un logement meublé loué à la nuitée, à la semaine ou au mois à une clientèle de passage.
  • Depuis le 20 mai 2026, la loi impose une déclaration préalable enregistrée pour tout meublé de tourisme, avec un numéro à afficher sur vos annonces.
  • Au micro-BIC, un gîte non classé est plafonné à 15 000 € de recettes (abattement de 30 %), un gîte classé à 83 600 € (abattement de 50 %).
  • Au-delà de 23 000 € de recettes par an, des cotisations sociales deviennent dues et le statut de loueur professionnel peut s’appliquer.
  • Selon votre projet, vous exploitez en nom propre (LMNP) ou via une société, souvent une SARL de famille pour un projet familial.

Gîte, meublé de tourisme, chambre d’hôtes : de quoi parle-t-on ?

Le mot « gîte » évoque une maison de campagne, des murs en pierre et des volets bleus. Mais pour l’administration, il n’existe pas. Aucun texte ne définit le gîte : c’est une appellation commerciale, et Bpifrance Création le rappelle clairement. Aux yeux de la loi, votre gîte est un meublé de tourisme.

L’article L324-1-1 du Code du tourisme en donne la définition : des villas, appartements ou studios meublés, à l’usage exclusif du locataire, offerts à une clientèle de passage qui n’y élit pas domicile, pour une location à la journée, à la semaine ou au mois. Trois critères comptent donc : l’usage exclusif (vous n’êtes pas sur place), la clientèle de passage et la courte durée.

C’est ce qui distingue le gîte de la chambre d’hôtes. Les chambres d’hôtes sont situées chez l’habitant, et la loi les définit comme des chambres meublées « assorties de prestations » (article L324-3 du Code du tourisme) : accueil, petit-déjeuner, linge. Si vous hésitez entre les deux formules, j’ai détaillé les règles propres à l’autre modèle dans mon guide pour ouvrir des chambres d’hôtes. Les deux activités n’ont ni le même régime fiscal, ni les mêmes contraintes au quotidien.

La nature de votre activité dépend de ce que vous proposez. Selon Bpifrance Création, la location seule d’un gîte est une activité civile, elle devient commerciale si vous ajoutez des prestations complémentaires (ménage quotidien, repas, services), et agricole si elle prolonge une exploitation agricole dont elle reste l’accessoire. Cette qualification oriente le choix de votre structure.

Les déclarations obligatoires avant la première location

La déclaration du meublé de tourisme

C’est la formalité que tout le monde connaît de nom et que beaucoup font trop tard. La loi du 19 novembre 2024, dite loi Le Meur, a réécrit l’article L324-1-1. Dans sa version en vigueur depuis le 20 mai 2026, toute personne qui propose un meublé de tourisme à la location doit, au préalable, faire une déclaration soumise à enregistrement auprès d’un téléservice national. Un numéro de déclaration vous est délivré, et il doit figurer sur toutes vos annonces.

Concrètement, où en est-on ? D’après Service-public.fr, la mise en service de ce téléservice national est prévue au quatrième trimestre 2026. En attendant, la déclaration se fait auprès de la mairie de la commune où se trouve le gîte, avec le formulaire Cerfa n° 14004 ou le téléservice communal quand il existe. Une fois la plateforme nationale ouverte, les numéros délivrés par les communes devront être renouvelés dans un délai transitoire.

L’oubli se paie cher. L’article L324-1-1 prévoit une amende administrative pouvant atteindre 10 000 € en cas de défaut de déclaration, et 20 000 € en cas de fausse déclaration ou de faux numéro. Et les plateformes de réservation transmettent désormais votre numéro et votre nombre de jours loués à l’administration, qui les met à disposition des communes : un gîte non déclaré se repère très vite.

L’immatriculation au guichet unique

Louer un gîte de manière habituelle, c’est exercer une activité économique. Vous devez donc la déclarer sur le guichet unique de l’INPI pour obtenir un numéro SIRET, même si vous restez simple loueur en meublé non professionnel. J’ai consacré un article entier à cette démarche, souvent mal comprise : l’immatriculation du loueur meublé au guichet unique.

Les autres obligations à anticiper

Trois points complètent la liste : la taxe de séjour, que vous collectez et reversez si votre commune l’a instituée, une assurance responsabilité civile adaptée à l’accueil de public, et la capacité. Au-delà de 15 personnes accueillies, votre gîte relève en principe de la réglementation des établissements recevant du public, bien plus lourde. Un client qui rénovait une grange de sept chambres a ainsi revu son plan pour rester sous ce seuil, et économisé plusieurs dizaines de milliers d’euros de mise aux normes.

Classer son gîte : la décision fiscale la plus rentable

Le classement en étoiles est facultatif. Mais depuis la réforme de la fiscalité des meublés de tourisme, il est devenu la première décision financière de votre projet.

La procédure est simple. Vous choisissez un organisme accrédité (la liste est publiée par Atout France), qui vient visiter votre gîte et vérifie une grille de critères d’équipement, de confort et de services. Il vous remet un certificat de visite avec une proposition de classement, de une à cinq étoiles. Vous disposez de quinze jours pour la refuser. Sans refus, le classement est acquis pour cinq ans, comme le prévoit l’article D324-4 du Code du tourisme. La visite est payante, à votre charge.

Pourquoi est-ce si déterminant ? Parce que l’article 50-0 du Code général des impôts traite très différemment les deux catégories.

15 000 €
Plafond de recettes au micro-BIC pour un gîte non classé, avec un abattement forfaitaire de seulement 30 %
CGI art. 50-0, seuils 2026 confirmés par entreprendre.service-public.fr

Gîte classé ou non classé : ce qui change au micro-BIC en 2026

CritèreGîte non classéGîte classé (1 à 5 étoiles)
Plafond de recettes au micro-BIC15 000 €83 600 €
Abattement forfaitaire pour charges30 %50 %
Revenu imposable pour 14 000 € de loyers9 800 €7 000 €
Démarche préalableDéclaration seuleDéclaration + visite de classement
DuréeSans limite5 ans, puis renouvellement
83 600 €
Plafond de recettes au micro-BIC pour un gîte classé en meublé de tourisme, avec un abattement forfaitaire de 50 %
CGI art. 50-0, seuils 2026 confirmés par entreprendre.service-public.fr

Faisons le calcul sur un exemple. Vous encaissez 14 000 € de loyers dans l’année. Non classé, l’abattement de 30 % vous laisse 9 800 € imposables. Classé, l’abattement de 50 % ramène ce montant à 7 000 €. Soit 2 800 € de revenu imposable en moins chaque année, pour une visite payée une fois tous les cinq ans. Et si vos recettes dépassent 15 000 € deux années de suite, le gîte non classé sort du micro-BIC et passe au régime réel, alors que le gîte classé garde le micro-BIC jusqu’à 83 600 €.

Ce que je recommande presque systématiquement : faire classer le gîte avant la première saison, et non après. La semaine dernière encore, une propriétaire me montrait son avis d’imposition : 22 000 € de recettes sur un gîte non classé, deux saisons de suite, donc une sortie du micro-BIC qu’elle n’avait pas vue venir. Le classement se prépare pendant les travaux, en intégrant dès le départ les équipements exigés par la grille.

Quel statut pour exploiter votre gîte ?

La forme juridique se choisit en fonction de trois questions : qui est propriétaire du bien, combien le gîte va rapporter, et proposez-vous des services au-delà de la simple location ?

En nom propre : le loueur en meublé non professionnel (LMNP)

C’est la voie la plus fréquente. Vous louez en votre nom, sans créer de société, et vos revenus relèvent des bénéfices industriels et commerciaux (BIC). Deux régimes s’offrent à vous : le micro-BIC avec ses plafonds et abattements, ou le régime réel, qui permet de déduire les charges réelles et surtout d’amortir le bien et le mobilier. Pour un gîte qui a nécessité de gros travaux, le réel est souvent plus intéressant que l’abattement forfaitaire : je l’explique en détail dans mon guide du LMNP au régime réel.

Attention au basculement vers le statut de loueur professionnel (LMP). Selon l’article 155 du Code général des impôts, l’activité devient professionnelle lorsque deux conditions sont réunies : les recettes annuelles du foyer fiscal dépassent 23 000 €, et elles excèdent les autres revenus d’activité du foyer (salaires, bénéfices, etc.). Les conséquences fiscales et patrimoniales changent alors sensiblement.

23 000 €
Seuil de recettes annuelles au-delà duquel la location de meublés de tourisme entraîne l'affiliation aux cotisations sociales des indépendants
CGI art. 155 IV et CSS art. L611-1

Côté social, ce même seuil de 23 000 € déclenche l’affiliation à la sécurité sociale des indépendants pour les loueurs de meublés de tourisme (sauf option pour le régime général), en vertu de l’article L611-1 du Code de la sécurité sociale. En dessous, vos loyers subissent les prélèvements sociaux comme un revenu du patrimoine. Au-dessus, vous cotisez comme un travailleur indépendant.

La micro-entreprise, quand vous ajoutez des services

Si votre gîte s’accompagne de vraies prestations (ménage régulier, petits-déjeuners, linge, accueil), l’activité prend une coloration commerciale et la micro-entreprise devient un cadre naturel. Les plafonds de chiffre d’affaires restent ceux du micro-BIC vus plus haut. Un point de vigilance : la location meublée est en principe exonérée de TVA, mais cette exonération tombe si vous fournissez au moins trois des quatre prestations para-hôtelières (petit-déjeuner, nettoyage régulier, linge de maison, réception de la clientèle). Beaucoup de gîtes « tout compris » basculent ainsi dans la TVA sans le savoir.

La société : SARL de famille ou SAS

Créer une société a du sens dans deux cas : le projet est porté à plusieurs, ou vous voulez séparer le gîte de votre patrimoine personnel.

Pour un projet familial, la SARL de famille est souvent la meilleure option. L’article 239 bis AA du Code général des impôts permet à une SARL constituée uniquement entre parents en ligne directe, frères et sœurs, époux ou partenaires de pacs d’opter pour l’impôt sur le revenu. Chaque associé est alors imposé sur sa quote-part de bénéfice, avec la possibilité de rester dans une logique LMNP. J’accompagne régulièrement des couples ou des parents avec leurs enfants dans la création d’une SARL de ce type pour exploiter une maison familiale transformée en gîte. J’en détaille le fonctionnement dans l’article sur la SARL de famille en LMNP.

À l’inverse, la SAS ou la SARL classique soumises à l’impôt sur les sociétés conviennent aux projets importants (plusieurs gîtes, gîte de groupe, activités annexes), avec un taux réduit de 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice puis 25 % au-delà.

Le piège de la SCI

C’est l’erreur que je vois le plus souvent : un couple achète une longère via une SCI, pour faciliter la transmission, puis en fait un gîte. Or la location meublée est une activité commerciale aux yeux du fisc, et au-delà d’une part marginale de recettes commerciales, la SCI bascule d’office à l’impôt sur les sociétés, avec des conséquences lourdes à la revente. J’explique ce mécanisme dans les dangers de la SCI en location meublée. La solution passe souvent par une structure d’exploitation distincte qui loue le bien à la SCI.

Budget et financement : les postes à ne pas oublier

Le budget d’un gîte va de quelques dizaines de milliers d’euros pour aménager une dépendance que vous possédez déjà, à plusieurs centaines de milliers avec l’achat du bien et une rénovation complète. Les postes le plus souvent sous-estimés : le mobilier et la literie, les équipements exigés par la grille de classement, et une trésorerie de démarrage pour absorber la saisonnalité des premiers mois.

Ma règle, testée sur de nombreux dossiers : le choix de la structure se fait avant la signature de l’achat, pas après. Acheter en nom propre puis apporter le bien à une société coûte des droits et de la fiscalité qu’une réflexion en amont aurait évités.

Combien coûte la mise en place, et ce que je fais chez Jurixa

Déclarer un gîte en LMNP ne coûte rien en frais officiels : la déclaration en mairie et l’immatriculation au guichet unique sont gratuites. Créer une société est un autre budget. Il faut compter environ 200 € de frais légaux incompressibles (annonce légale, greffe, registre des bénéficiaires effectifs), plus la rédaction des statuts.

Une plateforme automatisée produit des statuts types à partir d’un formulaire, sans vérifier par exemple que tous les associés sont bien parents pour valider l’option SARL de famille. Chez Jurixa, je rédige des statuts sur-mesure, adaptés à votre famille et à votre projet de gîte.

Combien coûte la création d'une société pour exploiter un gîte en 2026 ?

PrestationPlateforme automatiséeJurixaExpert-comptable ou avocat
Création SARL de famille ou SAS99 à 199 € + frais550 € + frais (~200 €), statuts sur-mesure1 000 à 2 500 €
Adaptation à un projet familialModèle standardClauses rédigées pour votre familleSelon le cabinet

Questions fréquentes

Faut-il déclarer un gîte en mairie ?

Oui. Depuis le 20 mai 2026, l’article L324-1-1 du Code du tourisme impose une déclaration préalable soumise à enregistrement pour tout meublé de tourisme, résidence principale ou non. Tant que le téléservice national n’est pas ouvert (annoncé au quatrième trimestre 2026), la déclaration se fait auprès de la mairie, avec le Cerfa n° 14004 ou le téléservice communal. Le numéro obtenu doit figurer sur vos annonces.

Quel statut choisir pour ouvrir un gîte ?

Pour un gîte loué seul et des recettes modestes, le statut de loueur en meublé non professionnel (LMNP) en nom propre suffit. Si vous ajoutez des services, la micro-entreprise est adaptée. Pour un projet familial, la SARL de famille permet de rester à l’impôt sur le revenu, et la SAS convient aux projets plus importants. La SCI est à éviter pour exploiter un gîte.

Peut-on ouvrir un gîte sans diplôme ?

Oui, aucun diplôme n’est exigé pour louer un meublé de tourisme. Une formation n’est requise que pour certaines activités annexes, comme la vente de boissons alcoolisées.

Quelle fiscalité pour un gîte non classé en 2026 ?

Le micro-BIC s’applique tant que les recettes ne dépassent pas 15 000 €, avec un abattement de 30 %. Au-delà, deux années consécutives, c’est le régime réel. Un gîte classé bénéficie d’un plafond de 83 600 € et d’un abattement de 50 %.

Le mot de la fin

Ouvrir un gîte n’est pas compliqué sur le plan administratif, mais les premières décisions engagent votre rentabilité pour longtemps. Déclarez le meublé avant la première réservation, faites-le classer si vos recettes approchent 15 000 €, et choisissez la structure avant de signer l’achat. C’est précisément là que j’interviens, quand ces choix ne coûtent encore rien à corriger.

Cet article vous a été utile ?

Aidez-nous à nous faire connaître en le partageant à votre communauté 🙏

LinkedInXFacebook
Sandrine Chiorozas, experte en création d'entreprise

Sandrine Chiorozas

Experte en création d’entreprise — 15 ans d'expérience

Double compétence en droit des affaires et droit notarial, Sandrine accompagne les entrepreneurs dans toutes les étapes de la vie de leur société. Chaque article est rédigé avec rigueur et vérifié auprès des sources officielles.

Contenu vérifié en octobre 2026 Legifrance Service-public.fr Infogreffe

Besoin d'un accompagnement expert ?

Échangez gratuitement avec Sandrine pour votre projet d'entreprise.

Ce site utilise des traceurs de mesure d'audience pour comprendre votre navigation et améliorer votre expérience. Aucune donnée n'est utilisée à des fins publicitaires. En savoir plus.