Fermer une SASU coûte entre 300 et 500 € minimum si vous gérez toutes les étapes seul (annonces légales et frais de greffe), et plutôt 800 à 2 000 € avec un accompagnement, selon l’état de vos comptes et la présence ou non d’un boni de liquidation. Ce chiffrage couvre la procédure complète (dissolution puis liquidation amiable), pas seulement le premier dépôt. Dans mon accompagnement, je vois beaucoup de dirigeants qui pensent qu’une fermeture coûte « le prix d’une annonce légale ». C’est faux. J’ai reçu il y a peu un président de SASU qui voulait fermer rapidement et qui s’était arrêté après la dissolution, sans réaliser qu’il devait encore publier une seconde annonce et déposer les comptes de liquidation pour obtenir la radiation. Six mois plus tard, sa société était toujours active au registre, avec les obligations comptables et fiscales qui allaient avec. Mon objectif ici : vous détailler précisément chaque poste de coût, vous donner les fourchettes réalistes, et vous aider à choisir entre faire seul ou déléguer en connaissance de cause.
- Deux annonces légales obligatoires : une pour la dissolution (environ 150 à 200 €), une pour la clôture de liquidation (environ 110 à 150 €), tarifs forfaitaires réglementés depuis 2020.
- Frais de greffe et de guichet unique INPI : de l’ordre de 14 € à 192 € selon les dépôts (dissolution, comptes de liquidation, radiation).
- Honoraires d’accompagnement si vous déléguez : de 800 € chez Jurixa (accompagnement complet) à 1 500-3 000 € chez un expert-comptable ou un avocat.
- Fiscalité si boni de liquidation : droit de partage de 2,5 % sur le boni, plus imposition du boni au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 % chez l’associé.
- Coût total minimum en gérant seul : 300 à 500 € ; avec accompagnement : 800 à 2 000 € selon la complexité.
Les deux phases d’une fermeture : dissolution, puis liquidation
Beaucoup de dirigeants découvrent en route qu’une fermeture de SASU ne se fait pas en une seule fois. La loi distingue deux étapes obligatoires, et chacune a ses formalités et ses coûts propres.
La dissolution marque la décision de mettre fin à la société. Vous prenez une décision de l’associé unique, vous nommez un liquidateur, vous publiez une première annonce légale, vous déposez le procès-verbal sur le guichet unique de l’INPI. À ce stade, la société entre en liquidation : elle n’a plus le droit d’exercer d’activité nouvelle, mais elle existe toujours.
La liquidation amiable est la phase pendant laquelle vous soldez les comptes, vous réglez les créanciers, vous récupérez les créances, et vous établissez les comptes définitifs. Une fois tout réglé, vous reprenez une décision de clôture de liquidation, vous publiez une seconde annonce légale, puis vous déposez le dossier final pour obtenir la radiation du registre. Ce n’est qu’à ce moment-là que la société disparaît vraiment.
Dans mon accompagnement, je répète toujours : tant que vous n’avez pas la radiation, la société est vivante. Et une société vivante a des obligations fiscales, sociales et comptables. Stopper en route vous coûte plus cher que d’aller jusqu’au bout.
Certaines SASU sont radiées d’office par le greffe pour non-dépôt des comptes ou défaut de chiffre d’affaires, sans passer par la procédure amiable. Cette radiation d’office par le greffe évite les frais de liquidation, mais elle ne dispense ni du paiement des dettes ni de la régularisation fiscale, et elle laisse une trace négative pour le dirigeant. Mieux vaut piloter la fermeture proprement.
Le coût des annonces légales (le poste incompressible)
C’est le premier poste de dépense que vous ne pouvez pas éviter. Depuis la réforme de 2020, les tarifs des annonces légales sont forfaitaires et réglementés, publiés par arrêté chaque année. En 2026, les tarifs sont de l’ordre de 150 à 200 € pour l’annonce de dissolution, et 110 à 150 € pour l’annonce de clôture de liquidation, selon le département du siège social.
Concrètement, vous devez passer par un support habilité à recevoir les annonces légales (journal d’annonces légales ou service en ligne agréé). Le prix ne dépend pas de vous, il est fixé. Vous payez ces deux annonces quoi qu’il arrive, que vous gériez seul ou que vous passiez par un accompagnement. C’est le socle minimal de toute fermeture.
Ne négligez pas la rédaction de l’annonce. Un texte incomplet ou mal formulé peut être refusé par le service d’annonces légales ou par le greffe, ce qui vous oblige à republier et à payer une seconde fois. Dans mon accompagnement, je rédige les annonces conformes du premier coup, vous évitez les allers-retours.
Les frais de greffe et de guichet unique INPI
Le second poste obligatoire, ce sont les frais de dépôt auprès du guichet unique de l’INPI. Chaque formalité a son tarif : le dépôt de la dissolution, puis le dépôt du procès-verbal de clôture de liquidation et de la demande de radiation.
Les montants varient selon la nature des actes, mais l’ordre de grandeur en 2026 est le suivant : environ 14 € à 76 € pour le dépôt de dissolution, puis 76 € à 192 € pour le dépôt de radiation avec les comptes de liquidation. Au total, comptez entre 90 et 270 € de frais de greffe pour l’ensemble de la procédure.
Ces frais sont collectés en ligne lors du dépôt du dossier sur le guichet unique. Là encore, aucune négociation possible, c’est un tarif fixé par décret.
Le coût si vous avez un boni de liquidation
Voilà le poste que la plupart de mes clients oublient, et qui peut alourdir sérieusement la facture. Si, après avoir payé tous vos créanciers et soldé toutes vos dettes, il reste de l’argent (un actif net positif), on parle d’un boni de liquidation. Ce boni revient à l’associé unique, mais il n’est pas gratuit fiscalement.
Le boni de liquidation est assimilé à un dividende et supporte deux prélèvements : un droit de partage de 2,5 %, qui s’applique à la valeur du boni, et ensuite l’imposition au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 % (12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux) chez l’associé.
Exemple concret. Vous avez mis 1 000 € de capital à la création. À la liquidation, il reste 20 000 € en trésorerie après paiement de toutes les dettes. Le boni de liquidation est de 19 000 € (20 000 € moins votre apport de 1 000 €). Vous payez 2,5 % de droit de partage, soit 475 €. Le boni net de 18 525 € est ensuite imposé au PFU de 31,4 %, soit environ 5 817 € d’impôt et de prélèvements sociaux. Au total, il vous reste environ 12 708 € nets. C’est un coût important, qu’il faut anticiper avant de déclencher la fermeture.
Pour approfondir le calcul et les stratégies d’optimisation du boni, j’ai détaillé le sujet dans mon article dédié au boni de liquidation.
Le boni de liquidation est calculé en retranchant le montant du capital social (et des primes d’émission, le cas échéant) de l’actif net après règlement de toutes les dettes. Si l’actif net est inférieur au capital, il n’y a pas de boni mais un mali de liquidation, et l’associé perd une partie de son apport initial. Aucune fiscalité dans ce cas.
Faire seul ou déléguer : comparatif des coûts
Maintenant que vous connaissez les frais légaux incompressibles (annonces + greffe + éventuel boni), reste la question de l’accompagnement. Vous avez trois grandes options, avec des coûts et des risques très différents.
Option 1 : gérer seul la fermeture
C’est théoriquement possible. Vous rédigez vous-même les procès-verbaux de décision, vous les signez, vous passez les annonces légales, vous remplissez les formulaires du guichet unique, vous déposez les comptes de liquidation. Le coût se limite aux frais légaux : environ 300 à 500 € au total (annonces + greffe).
Le problème, c’est le risque d’erreur. Un procès-verbal mal rédigé, un formulaire incomplet, des comptes de liquidation qui ne collent pas avec la liasse fiscale, et le greffe refuse le dossier. Vous devez tout recommencer, parfois republier une annonce, et vous perdez des semaines voire des mois. J’ai vu des dossiers bloqués six mois parce qu’un dirigeant avait oublié de joindre la preuve de parution de l’annonce de dissolution au dossier de clôture de liquidation.
Option 2 : plateforme automatisée en ligne
Certaines plateformes proposent des packs de fermeture de société entre 250 et 600 €, hors frais légaux. Vous remplissez un formulaire en ligne, la plateforme génère les documents sur modèle, et vous n’avez plus qu’à suivre les étapes.
C’est un bon compromis si votre situation est simple (pas de boni, pas de dette, trésorerie à zéro, pas de salarié). Mais dès que votre dossier sort du standard (un boni à traiter, des créances en cours, un compte courant d’associé à rembourser), le modèle automatique ne suffit plus. Et surtout, vous n’avez personne pour vérifier la cohérence fiscale et sociale de votre sortie.
Option 3 : accompagnement humain sur-mesure
Chez Jurixa, je propose un accompagnement complet dissolution + liquidation amiable à partir de 800 € (hors frais légaux, soit environ 200 à 350 € d’annonces et de greffe en plus). Ce forfait couvre la rédaction des procès-verbaux, la coordination avec votre expert-comptable si vous en avez un, la publication des annonces, le dépôt des dossiers sur le guichet unique, et le suivi jusqu’à la radiation.
Je traite aussi les cas complexes : le boni de liquidation à optimiser, les créances à solder, les comptes courants d’associé à rembourser, les dernières déclarations fiscales et sociales à vérifier avant le dépôt. Vous ne vous occupez de rien, et vous avez la certitude que le dossier passe du premier coup.
À l’autre extrême, un cabinet d’avocat ou d’expertise comptable facture souvent entre 1 500 et 3 000 € pour ce type de mission, selon la taille du cabinet et la complexité du dossier. C’est justifié si votre SASU a des enjeux particuliers (contentieux en cours, actifs immobiliers, filiales), mais c’est souvent surdimensionné pour une SASU classique de prestation de services.
Comparatif des coûts de fermeture d'une SASU en 2026
| Solution | Coût hors frais légaux | Frais légaux (annonces + greffe) | Coût total estimé | Accompagnement | Délai moyen |
|---|---|---|---|---|---|
| Seul | 0 € | 300 à 500 € | 300 à 500 € | Aucun | 3 à 6 mois (risque d’erreur) |
| Plateforme automatisée | 250 à 600 € | 300 à 500 € | 550 à 1 100 € | Générique | 2 à 4 mois |
| Jurixa | À partir de 800 € | 200 à 350 € | 1 000 à 1 150 € | Humain, personnalisé | 1 à 3 mois |
| Cabinet avocat / EC | 1 500 à 3 000 € | 200 à 350 € | 1 700 à 3 350 € | Expert | 2 à 4 mois |
Les coûts cachés ou indirects d’une fermeture
Au-delà des postes directs (annonces, greffe, honoraires), certains coûts indirects méritent d’être anticipés.
Régularisations fiscales et sociales
Avant de pouvoir obtenir la radiation, le greffe vérifie que vous êtes à jour de vos obligations fiscales et sociales. Vous devez avoir déposé votre dernière liasse fiscale, soldé vos comptes avec l’administration fiscale (TVA, IS, CFE), et régularisé vos cotisations sociales si vous avez été rémunéré.
Si vous avez du retard de déclarations ou des dettes fiscales, vous devez tout régler avant de pouvoir clôturer. J’ai déjà vu des fermetures bloquées six mois à cause d’une dette de cotisations non soldée.
Frais de comptabilité jusqu’à radiation
Tant que la société n’est pas radiée, elle doit tenir une comptabilité. Si vous passez par un expert-comptable, il vous facturera ses honoraires jusqu’à la clôture définitive. Comptez entre 500 et 1 500 € selon la durée de la liquidation et la complexité.
Plus la liquidation dure, plus vous payez de frais alors que la société ne produit plus de chiffre d’affaires.
Comparaison avec la fermeture d’une SARL
Puisque la question revient souvent, je précise que le coût de fermeture d’une SARL suit la même logique (dissolution, liquidation, deux annonces légales, frais de greffe), avec des montants globalement équivalents. Vous pouvez retrouver le détail dans mon article dédié au coût de dissolution d’une SARL.
La seule différence notable, c’est la gouvernance : en SARL pluripersonnelle, vous devez réunir une assemblée générale extraordinaire des associés pour décider la dissolution et approuver les comptes de liquidation, alors qu’en SASU vous signez seul. Cela peut ajouter un peu de complexité si les associés sont éloignés, mais le coût reste proche.
Fermer ou mettre en sommeil : quel coût privilégier ?
Avant de lancer la procédure de fermeture complète, je pose toujours la question : est-ce que vous êtes sûr de vouloir fermer définitivement, ou voulez-vous simplement mettre l’activité en pause ?
Si vous envisagez de reprendre une activité dans quelques mois, la mise en sommeil (cessation temporaire d’activité) peut être une alternative moins coûteuse. Elle évite les frais de dissolution et de liquidation, et elle vous permet de garder la structure vivante. En revanche, vous conservez des obligations minimales (dépôt des comptes, déclarations fiscales).
La fermeture définitive coûte plus cher au démarrage (les 800 à 1 500 € d’accompagnement), mais elle solde tout. Vous n’avez plus d’obligations, plus de frais de gestion, plus de risque de radiation d’office. C’est le bon choix si vous êtes certain de ne pas reprendre cette activité.
Pour un guide complet des étapes et des arbitrages de fermeture, j’ai détaillé la procédure dans mon article fermer une SASU (guide complet).
Questions fréquentes
Peut-on fermer une SASU gratuitement ?
Non. Les frais légaux (annonces légales et greffe) sont obligatoires, de l’ordre de 300 à 500 € minimum. Vous pouvez économiser les honoraires d’accompagnement en gérant seul, mais au prix d’un risque d’erreur et de délais allongés.
Combien de temps faut-il pour fermer une SASU ?
Une fermeture amiable bien préparée prend en général entre un et trois mois. Un dossier incomplet peut rallonger le délai à six mois ou plus.
Le boni de liquidation est-il toujours imposé ?
Oui, dès qu’il y a un boni (un actif net supérieur au capital après règlement des dettes). Le boni est imposé au PFU de 31,4 % chez l’associé, après application d’un droit de partage de 2,5 %.
Que se passe-t-il si on ne ferme jamais la SASU ?
Une SASU qui n’exerce plus d’activité mais qui n’est pas fermée reste inscrite au registre. Elle doit continuer à déposer ses comptes chaque année. À défaut, elle risque une radiation d’office par le greffe, qui laisse une trace négative et ne dispense ni du paiement des dettes ni de la régularisation fiscale.
Mon conseil avant de fermer
Fermer une SASU coûte entre 300 € (si vous gérez seul et que tout se passe bien du premier coup) et 2 000 € ou plus (si vous déléguez et que vous avez un boni important à traiter). Ce n’est ni gratuit ni exorbitant, mais c’est une dépense qu’il faut budgéter avant de lancer la procédure.
Ce que je fais chez Jurixa, c’est justement le travail en amont : vérifier l’état de vos comptes, chiffrer précisément le coût total (frais légaux + fiscalité du boni + honoraires), puis piloter la fermeture jusqu’à la radiation finale. Vous arrivez avec une SASU à fermer, vous repartez avec la certitude que c’est fait proprement, sans surprise de dernière minute. Et si la mise en sommeil est finalement plus adaptée à votre situation, je vous le dirai avant que vous n’engagiez le moindre frais de dissolution.