La radiation d’une SASU en 2026 est la toute dernière étape de sa fermeture : c’est elle qui fait disparaître la société du registre du commerce et éteint sa personnalité morale. Elle n’intervient qu’après la dissolution et la clôture de la liquidation, jamais avant. Beaucoup de dirigeants confondent ces étapes et croient qu’ils peuvent « radier » leur société directement, ou pensent qu’une SASU sans activité se radie toute seule. C’est faux dans les deux cas. Dans mon accompagnement, je vois régulièrement des présidents de SASU qui ont bien voté la dissolution mais qui oublient la radiation finale, et se retrouvent avec une société fantôme toujours inscrite. Il existe aussi une radiation d’office, prononcée par le greffe, qu’il vaut mieux connaître pour ne pas la subir. Mon objectif ici : vous expliquer précisément ce qu’est la radiation, quand et comment elle intervient, et ce qu’elle change vraiment.
- La radiation est la dernière étape de la fermeture d’une SASU, après la dissolution puis la clôture de la liquidation.
- C’est elle qui met fin à la personnalité morale de la société et la fait disparaître des registres.
- Le dossier de radiation se dépose au greffe via le guichet unique, après l’assemblée de clôture de liquidation.
- Une radiation d’office peut être prononcée par le greffe, notamment en l’absence prolongée d’activité déclarée.
- La radiation ne fait pas disparaître d’un coup toute responsabilité : dettes non réglées et fautes de gestion peuvent encore être recherchées.
La radiation, une étape et une seule : la dernière
Pour bien comprendre la radiation, il faut la resituer dans la chronologie complète de la fermeture d’une SASU. Fermer volontairement une SASU se fait en trois temps : la dissolution (l’associé unique décide d’arrêter), la liquidation (le liquidateur solde les comptes), puis la radiation (la société est retirée des registres). La radiation est donc l’aboutissement, pas le point de départ.
Cette place en fin de parcours a une conséquence directe : vous ne pouvez pas radier une SASU tant que la liquidation n’est pas close. Pendant toute la liquidation, la société existe encore. Ce n’est qu’une fois les comptes de liquidation approuvés par l’associé unique, lors de l’assemblée de clôture, que le dossier de radiation peut être déposé.
Si vous cherchez le détail complet de la procédure de fermeture, du vote de dissolution jusqu’au chiffrage des coûts, je le développe dans mon guide pour fermer une SASU. Ici, je me concentre sur la radiation elle-même, cette étape finale souvent mal comprise.
Tant que la radiation n’est pas prononcée, la personnalité morale de la société subsiste pour les besoins de la liquidation, jusqu’à la publication de la clôture. La SASU garde donc son existence juridique jusqu’au bout. C’est la radiation au registre du commerce qui marque sa disparition définitive et l’extinction de sa personnalité morale. Avant elle, la société n’est pas « fermée », elle est « en liquidation ».
Comment se déroule la radiation volontaire
Une fois l’assemblée de clôture de liquidation tenue et les comptes approuvés, la radiation s’enchaîne assez rapidement. Voici les étapes concrètes.
1. Publier l’annonce légale de clôture. Après la clôture de la liquidation, vous publiez un avis de clôture dans un support d’annonces légales habilité du département du siège social. C’est cette publication qui déclenche officiellement la phase de radiation.
2. Déposer le dossier de radiation au greffe. Via le guichet unique des formalités des entreprises, vous transmettez le dossier de radiation, accompagné du procès-verbal de clôture de liquidation, des comptes de liquidation et de l’attestation de parution de l’annonce légale. Le dépôt intervient en principe dans le mois qui suit la clôture.
3. Enregistrement par le greffe. Le greffe vérifie le dossier et procède à la radiation de la SASU du registre du commerce et des sociétés. Vous recevez une attestation de radiation. La société n’existe plus.
À partir de ce moment, la SASU ne peut plus agir, ni facturer, ni être facturée en son nom. Son numéro est clôturé. C’est la fin administrative de la société.
La radiation d’office : quand le greffe agit sans vous
Il existe une autre forme de radiation, que l’on subit plutôt qu’on ne la choisit : la radiation d’office, prononcée par le greffe sans demande du dirigeant. Le Code de commerce, à son article R123-316, organise les cas où une entreprise inscrite peut être radiée d’office du registre national des entreprises.
Le cas le plus fréquent concerne les sociétés qui n’ont plus d’activité déclarée depuis longtemps. Une SASU laissée à l’abandon, sans dépôt de comptes ni activité, peut ainsi faire l’objet d’une procédure de radiation d’office. D’autres situations existent, comme le maintien d’une mention devenue sans objet après une longue période, ou l’absence de régularisation malgré des relances.
Ne comptez jamais sur une radiation d’office pour « fermer » votre SASU sans rien faire. C’est une mauvaise stratégie pour plusieurs raisons. La radiation d’office ne solde pas vos dettes ni vos obligations passées, elle ne vous décharge pas de la liquidation, et pendant tout le temps où la société reste inscrite sans être fermée, vous continuez d’accumuler des obligations (comptes à déposer, éventuelles pénalités). Une société abandonnée est une source d’ennuis, pas une fermeture. Mieux vaut toujours piloter une radiation volontaire propre.
Si vous recevez un avis de radiation d’office alors que votre société est encore active, réagissez vite : vous pouvez généralement régulariser votre situation dans un délai imparti pour éviter la radiation. À l’inverse, si votre société n’a effectivement plus d’activité, ne la laissez pas traîner : engagez une dissolution-liquidation en bonne et due forme.
Ce que la radiation change, et ce qu’elle ne change pas
C’est un point souvent mal compris, et source d’illusions. La radiation met fin à l’existence de la société, mais elle n’efface pas d’un coup, comme par magie, toute responsabilité liée à son activité passée.
Les dettes qui n’auraient pas été réglées avant la clôture ne disparaissent pas systématiquement avec la radiation. Un créancier oublié peut, dans certains cas, demander la réouverture de la liquidation s’il apparaît qu’un actif a été omis. Le liquidateur reste responsable des fautes commises dans sa gestion de la liquidation. Et sur le plan fiscal, l’administration conserve son droit de contrôle sur les exercices non prescrits, même après la radiation.
Radiation d'une SASU : effets et limites
| Aspect | Après la radiation |
|---|---|
| Existence de la société | Terminée, personnalité morale éteinte |
| Capacité à facturer ou agir | Supprimée |
| Dettes réglées avant clôture | Éteintes avec la société |
| Créancier oublié / actif omis | Réouverture possible de la liquidation |
| Responsabilité du liquidateur | Peut être recherchée en cas de faute |
| Contrôle fiscal des exercices non prescrits | Toujours possible |
C’est pourquoi une liquidation soignée en amont conditionne une radiation vraiment libératoire. Payer toutes les dettes, n’oublier aucun actif, établir des comptes de liquidation propres : c’est ce travail qui fait de la radiation une véritable fin de dossier, et non une bombe à retardement.
Après la radiation : conserver et tourner la page
Une fois la radiation prononcée, il vous reste une obligation simple mais importante : conserver les documents de la société. Statuts, procès-verbaux, comptes annuels, comptes de liquidation, factures, contrats et attestation de radiation doivent être gardés pendant au moins cinq ans, et souvent davantage pour les documents comptables et fiscaux. En cas de contrôle ou de litige postérieur, ces pièces vous protègent, notamment en tant qu’ancien président ou liquidateur.
Sur le plan personnel, la radiation d’une SASU ne vous empêche évidemment pas de rebondir. Vous pouvez créer une nouvelle société quand vous le souhaitez, dans le même domaine ou un autre. Beaucoup d’entrepreneurs ferment une première structure pour en lancer une mieux adaptée à leur activité réelle. Fermer proprement, c’est aussi se donner les moyens de repartir sereinement, sans traîner un dossier mal clôturé.
Radiation d’une SASU et fermeture d’une micro-entreprise : ne pas confondre
Une confusion mérite d’être levée. Radier une SASU n’a rien à voir avec la cessation d’une micro-entreprise. La micro-entreprise est une entreprise individuelle : il n’y a ni dissolution, ni liquidation, ni radiation au registre du commerce au sens sociétaire. On déclare une cessation, et c’est terminé, sans annonce légale ni comptes de liquidation.
La SASU, elle, est une société dotée de la personnalité morale. Sa fermeture suppose la procédure complète que je décris ici, avec ses formalités et ses coûts. Si vous hésitez encore sur le coût global de l’opération, je le détaille dans mon article sur le coût de fermeture d’une SASU. Cette différence de traitement explique que fermer une SASU demande plus de rigueur et d’anticipation qu’une simple radiation de micro-entreprise.
Questions fréquentes
La radiation est-elle la première étape pour fermer une SASU ?
Non, c’est la dernière. Fermer une SASU suppose d’abord la dissolution décidée par l’associé unique, puis la liquidation qui solde les comptes, et enfin la radiation qui retire la société des registres. On ne peut pas radier une SASU avant d’avoir clôturé sa liquidation. La radiation est l’aboutissement de la procédure, pas son point de départ.
Le greffe peut-il radier ma SASU sans que je le demande ?
Oui. Le Code de commerce prévoit des radiations d’office du registre national des entreprises, notamment en l’absence prolongée d’activité déclarée. Mais ne comptez pas dessus pour fermer votre société : la radiation d’office ne solde ni vos dettes ni vos obligations, et une société abandonnée continue d’accumuler des obligations tant qu’elle n’est pas correctement fermée.
La radiation efface-t-elle les dettes de la SASU ?
Pas toutes, ni automatiquement. Les dettes réglées avant la clôture s’éteignent avec la société. Mais un créancier oublié ou un actif omis peut justifier la réouverture de la liquidation, le liquidateur peut être tenu responsable de ses fautes, et l’administration fiscale conserve son droit de contrôle sur les exercices non prescrits. Une liquidation soignée en amont est la clé d’une radiation vraiment libératoire.
Combien de temps faut-il conserver les documents après la radiation ?
Au moins cinq ans, et davantage pour les documents comptables et fiscaux. Statuts, procès-verbaux, comptes de liquidation, factures et attestation de radiation doivent être archivés. En cas de contrôle ou de litige postérieur à la fermeture, ces pièces protègent l’ancien président et l’ancien liquidateur.
Peut-on créer une nouvelle société après avoir radié une SASU ?
Oui, sans difficulté dans la grande majorité des cas. La radiation d’une SASU ne vous interdit pas de créer une nouvelle structure, dans le même secteur ou un autre. C’est même une démarche fréquente pour repartir sur une forme mieux adaptée à votre activité réelle. L’essentiel est d’avoir fermé proprement la précédente pour ne pas traîner un dossier mal clôturé.
Mon conseil pour une radiation sans accroc
La radiation, c’est le point final de la fermeture d’une SASU, et sa qualité dépend entièrement de ce qui a été fait avant. Une liquidation bien menée, sans dette oubliée ni actif négligé, débouche sur une radiation vraiment libératoire. À l’inverse, une société bâclée ou abandonnée à la radiation d’office laisse souvent des problèmes derrière elle.
Dans mon accompagnement chez Jurixa, je veille à ce que chaque étape s’enchaîne proprement jusqu’à la radiation, et je vérifie qu’aucune dette ni formalité ne reste en suspens avant de refermer le dossier. Une SASU bien radiée ne vous poursuit pas : elle referme une page nette et vous laisse libre d’écrire la suivante. Si vous êtes au stade de la clôture ou si vous redoutez une radiation d’office, faisons le point ensemble avant qu’un détail oublié ne se transforme en mauvaise surprise.